La Bataille de Gaulle, diptyque cinématographique en deux volets — Résistance et Liberté — est à l’affiche depuis cet été.
Les limites manifestes du Grand Écran visant une reconstitution documentée de l’Histoire sont connues de tous.
Nous disposons, en maints ouvrages sérieux, de l’allure exacte des incarnations précises de chacun de ces personnages célèbres et surtout des sources de leurs actes ou paroles célèbres judicieusement analysées agissant indiscutablement comme preuves.
Toute représentation cinématographique doit tout de même étayer solidement le détail précis de chacun des faits primordiaux.
Après visionnement, je suis d’avis que ces deux courageux films séquentiels, à l’affiche désormais, valent vraiment la peine d’un visionnement patient et indulgent.
De Gaulle et Churchill
On a trouvé pour camper les deux figures politiques centrales de cette difficile Restauration politique de la France, absolument vaincue à plate couture entre les 10 mai et 10 juin 1940, d’assez justes figures de comédiens assez ressemblants quoique parfois trop caricaturaux.
Bien entendu, la vision pétainiste n’existe également dans ces deux films qu’en raccourcis sommaires, car c’est déjà une tâche énorme de condenser les faits majeurs des victoires militaires décisives du Général Leclerc en Afrique, cette Afrique équatoriale française restée miraculeusement, en partie, fidèle au fantôme de la Troisième République.
Je fais aussi l’éloge sincère du rapport exact en ces films du rôle déterminant de la Résistance française avec le courageux Jean Moulin qu’on diffame régulièrement dans l’Hexagone: c’est un triste fait que ne s’éteindront jamais, dans notre ancienne patrie nous ayant abandonnés, sa volubile propension à de tristes divisions perpétuelles.
Conseils de lectures préalables
Ayant plaisamment lu et annoté Les Mémoires de Guerre de De Gaulle et obtenu -un autre jour de providentielle chance — ce trésor sur mon chemin, soit une rarissime édition du Club français des bibliophiles des 1000 pages illustrant ces Mémoires de Guerre par d’exacts facs-similés (Librairie Plon), j’ai toujours vivement à l’esprit les lieux et le visage des acteurs réels du drame.
Par ailleurs, étant alimenté de l’Oeuvre entière (sans aucune exception d’ouvrage) mais surtout de son Histoire de l’Armée allemande de l’historien Jacques Benoist Méchin (un historien collaborateur grâcié que De Gaulle, historien et littéraire lui-même, percevait comme le plus grand historien de son époque) je juge partiellement en connaissance de cause la situation campée ici, surtout par la lecture de cet incontournable intitulé Soixante jours qui ébranlèrent l’Occident 10 mai -10 juillet 1940.
Ainsi je perçois avec un minimum d’indulgence le mérite réel de ces deux films ambitieux à voir avec discernement.
Un sérieux reproche
Je dois quand même souligner qu’il aurait fallu, en chacun de ces deux films (mais surtout au tout premier), indiquer à l’écran le nom des batailles puis, plus lamentable bévue… il manque le nom de chaque personnage incarné — cela aurait enrichi la projection et valorisé la reconstitution.
Car des personnages qu’on croit secondaires ne l’ont pas été du tout. Ils ont rempli un rôle apparemment ponctuel mais déterminant: par exemple le Général Spears et surtout le Britannique Anthony Eden. Avec vigueur, je déplore ces lacunes, car ces noms auraient dû figurer en caractères gras dès qu’ils apparurent sous nos yeux.
Darlan et F-D Roosevelt
Quand le monstrueux visage de Darlan survient, plus encore celui de cet héroïque étudiant l’assassinant, on doit le souligner à gros traits. Le rôle scandaleux des Américains de Franklin Roosevelt qui jouaient sur les deux plans en appuyant Vichy d’égards et même l’Allemagne avant décembre 1941, ça c’est décapant de réalisme.
Enfin il fallait identifier les fidèles autour de De Gaulle mais par-dessus tous les ministres anglais rébarbatifs à la France libre, des francophobes toujours diserts et méprisants à table et en conciliabule: l’honneur ou le déshonneur devraient désormais être le salaire de ce Temps retrouvé.
On ne peut pas exiger de la jeunesse et du public intéressé qu’ils discernent sans ces repères ce qui passe bien trop rapidement à l’écran.
Voici l’encadré prêt à insérer dans l’article, en bloc séparé, sans toucher au texte d’Éric.
🎬 Fiche technique — La Bataille de Gaulle
Réalisation : Antonin Baudry
Scénario : Antonin Baudry, Bérénice Vila
D’après : De Gaulle : une certaine idée de la France, de Julian Jackson
Production : Pathé, TF1 Films Production, Belvédère, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Budget : environ 74 M€
Distribution :
- Simon Abkarian — Charles de Gaulle
- Niels Schneider — Général Leclerc
- Simon Russell Beale — Winston Churchill
- Mathieu Kassovitz — Amiral Darlan
- Benoît Magimel — Général Koenig
- Félix Kysyl — Jean Moulin
- Loïc Corbery — Pleven
- Thierry Lhermitte, Karim Leklou, Anamaria Vartolomei
Les deux volets :
- L’Âge de fer (Résistance) — en salle depuis le 3 juin 2026
- J’écris ton nom (Liberté) — en salle depuis le 26 juin 2026






























































