Samedi soir, l’Édifice Wilder : Espace Vert danse a frémi dans une salle pleine au rythme de la relève artistique lors du coup d’envoi de l’édition 2026 de Tangente Les Danses Buissonnières. Présenté du 26 au 30 septembre, cet événement incontournable de la danse contemporaine à Montréal a une fois de plus prouvé son rôle crucial en tant que tremplin professionnel d’exception.
Un écrin professionnel pour des visions audacieuses
Grâce au soutien rigoureux de Tangente, incluant une direction technique sur mesure pour la préproduction, les éclairages et la régie, les jeunes artistes sélectionnés ont brillé dans des conditions optimales. Soigneusement choisis par un jury d’artistes d’expérience aux visions variées (Sarah Elola, Charo Foo Tai Wei, Nasim Lootij, Lucy May et Mukoma-K. J. Style Nshinga), les créateurs de cette première soirée ont su saisir cette occasion pour repousser les frontières de la danse.
Cinq œuvres, des univers percutants aux Danses Buissonnières
La soirée a offert un enchaînement captivant de cinq créations inédites de 10 minutes, portées par de jeunes artistes émergents brillants qui ont su ancrer le mouvement dans les grands questionnements de notre époque.
Pour ouvrir cette magnifique soirée avec éclat, Johanna Simon et Sarah Roy ont présenté Minuit portant, une pièce d’une grande justesse. L’œuvre explore ces comportements appris dès le plus jeune âge : être serviable, sourire au bon moment, savoir se contenir.

À la croisée de la danse contemporaine et du théâtre physique, les deux complices font basculer les corps de l’objet au vivant dans un univers visuel inspiré du XVIIIe siècle. Leur chorégraphie déploie un langage subtil oscillant entre contrôle et débordement, le tout soutenu par une musicalité envoûtante qui glisse doucement du classique aux pulsations électro. Une entrée en matière percutante et mémorable !
Avec son solo Mue de peau, Yanik Savoie a touché le public en plein cœur. Sur des airs de musique classique et au milieu d’un décor de plastique évoquant une mue, l’artiste en robe blanche explore les souvenirs de l’enfance et la crise de l’adolescence.
La pièce décortique avec finesse la pression sociale : se tenir bien droit, viser la perfection, jouer son rôle genré… et garder le sourire malgré tout. C’est une danse troublante et magnifique, un véritable cri de liberté et de réappropriation de soi qui marque les esprits !
Autre moment marquant, le duo formé par Dona-Bella Kassab et Shanyça Elie-Leconte a livré une performance d’une audace désarmante, fusionnant avec brio l’univers du sport, la manipulation de ballons et une course effrénée.
Jouant habilement avec la vulnérabilité et la force à travers une nudité assumée et poétique, les artistes détournent les codes athlétiques pour en faire un langage chorégraphique brut. Portée par une esthétique visuelle et vidéo percutante, leur pièce interroge avec acuité les limites du corps, la performance physique et l’exposition de soi dans notre société contemporaine.
Avec une approche résolument moderne, Desirée Keresztes James se penche sur le lien entre la danse et l’intelligence artificielle. making life easier interroge ce que signifie vivre avec l’intelligence artificielle. Ce solo fascinant reproduit la sensation que nos données sont exploitées pour gagner notre faveur, d’une manière qui évoque la convivialité et inspire la confiance.
Sa chorégraphie fait dialoguer le corps humain et le monde numérique, transformant la technologie en une source d’inspiration vivante et surprenante pour interroger notre époque.
Parmi les moments forts de cette soirée, Entwospeksyon, la proposition d’Ekspresyon, s’est imposée comme une véritable onde de choc sensorielle. Portée par une chanteuse à la voix magnétique (Kathleen Charles) et par des percussions aux profondes racines africaines (Ronald Nazaire, Karl-Henry Brezault et Jivings Hilaire), la performance des danseuses a su tisser un lien viscéral entre le public et le mouvement.
Entre pulsations telluriques des tambours et polyrythmies envoûtantes, Soraya Toussaint, Chloë Bonnet, Mikaèle Alexandre, Sarah-Lynn Joseph, Béatrice Paul-Roc et Luchida Michel ont exploré avec une maîtrise saisissante le pouvoir des rythmes pour éveiller la mémoire corporelle et célébrer la vitalité des traditions ancestrales réinventées au présent.
Une soirée vibrante !
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Photos : Thomas Mazerolles
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)





























































