Voici dans ce Georges de Nathalie Doummar une suite séquentielle des remous d’adaptation d’une famille d’origine égyptienne où les enfants sont aux prises avec les préjugés hérités de leurs parents ayant émigré au Québec.
Chacun montre ses menues cicatrices au combat de la vie quotidienne et le cumul des situations, un tantinet cocasse, construit le propos d’ensemble.
Humour à la Symphorien
La coïncidence de se trouver à la Licorne juste devant le Théâtre Gilles Latulipe ne nous venant pas auparavant à l’esprit, c’est quand même un peu un écho à cette désinvolture de scène qui se trouvait jadis aussi dans la série télévisée d’autrefois connue sous le nom de Symphorien Laperle.
On écoute Georges comme une série de sketches ou de saynètes esquissant de multiples propos et ayant abondamment recours à l’histoire drôle, à l’interpellation du public, à de courtes chansonnettes afin d’atténuer les tensions (auxquelles on semble allergique) et amadouer un peu la souffrance d’un persistant décalage générationnel qui ne se comblera qu’un peu à force d’amour et de bonne volonté.

Écho de Frères
Nous avions vu l’an dernier, chez Duceppe, une autre pièce signée Nathalie Doummar qui était beaucoup plus lourde de parades de préjugés et de grosses farces bien grasses (venues des nombreux mâles si glorieux toujours remis en scène) où les Québécois et leur parler, par exemple, faisaient bien entendu les frais faciles de la caricature.
Lieux communs
L’homosexualité, cette fois-ci féminine, redevient thématique ou sujet de solide préjugé chez le père, Georges (Manuel Tadros) qui, malgré qu’il demeure sympathique, s’y obstine d’une phénoménale fermeture perdurant. Nathalie y joue la fille trop évoluée de Georges et Elias le rôle de son frère éprouvé mais optimiste à tout venant.
Les deux enfants de Georges n’ont rien de bien original, leur caractère ne serait plus excusable de répéter les réticences de leur père car d’être des dits nouveaux venus, après 50 ou 60 ans, de vie ici on comprendrait mal que leur amour pour leur père puisse si facilement leur faire passer l’éponge sur tout.
Pas de crise majeure dans cette pièce, tout est enduré et ce n’est pas du tout le panache des étoiles de La Petite Vie. En plus, ce n’est pas tout à fait le franc parler des adolescents québécois en lutte pour l’émancipation.
Tolérance à soupir lourd
Que toute évocation d’homosexualité dans le vague du propos se voie encore campée négativement pour être mentionnée en phénomène social puis reprise en pitié, mais tenue en marge (on ne verra jamais la copine de la jeune fille!), tolérée de silences à soupirs lourds…sont-ce là les maigres rançons de toute apparente évolution en ces obstinés cercles-là?
Et pourtant, c’est un fait de civilisation depuis des millénaires.
On ne casse rien
On passera l’éponge sur ces redites perpétuelles, car il le faut bien, toujours tout excuser jusqu’à la mesquinerie: la mentalité n’évoluera pas et menacerait même de reculer à trop faire taire l’hostilité maladive cherchant à se manifester pour faire accroire d’avoir trouvé la cause du tout premier malheur social.
La pièce Georges semble populaire, quoique à des années-lumière du grand théâtre qui se joue ce mois-ci au Rideau Vert et au TNM, mais elle a une utilité sociale et elle comble les envies ou capacités d’écoute d’une vaste population faisant salle comble avec de nombreuses supplémentaires.
Cette chanson ultime que j’écoutais jadis avec ravissement, chantée par Nat King Cole et intitulée Smile, sied à ravir à la clôture bienvenue de cette heure de pure comédie légère jamais tentée, sur aucun thème, de prendre une tangente de tragédie ou de combat.
À La Licorne – Billets
Du 29 septembre au 7 novembre
Georges de Nathalie Doummar
Mise en scène Rose-Anne Déry
Avec l’auteure Neil Elias
Manuel Tadros (en alternance avec Antoine Yared)
Photos : Suzanne O’Neill
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)






























































