À toutes fins pratiques, les 600 places de la Salle Pollack rénovée étaient presque toutes remplies des fidèles abonnés du LMMC pour célébrer le cinquantième anniversaire de naissance de James Ehnes.
Il s’agissait, d’une part, de son neuvième récital en ce qu’il appelle son foyer musical, celui de son enfance, dit-il.

Montréal : sa ville préférée
Car, au-delà de la flatterie reçue avec émotion par tout citoyen de Montréal, il a spécifié à deux reprises en s’adressant à nous par microphone que, de toutes les villes au Canada, Montréal est celle qu’il qualifie d’uniquement sophistiquée et un des plus hauts lieux de culture musicale raffinée fort évidente de par tout le globe terrestre.
Ses tournées mondiales, dit-il, lui ont fait parcourir toute la planète musicale qu’il a amoureusement parcourue – avec un succès répété et garanti bien sûr – car sa prestation de violoniste accompagné par le pianiste Andrew Armstrong touche à la pure perfection technique et lyrique.
Montréal vit et bat profondément dans son cœur de musicien pour l’Éternité, explique-t-il. Il s’y révèle avec cœur et sans ménagement.
Virtuose de future légende
D’autre part, il n’y a pas à hésiter un instant pour formuler les plus hauts éloges justifiables pour décrire le talent distinctif de ce musicien : son usage civilisé de son Stradivarius Marsick de 1715 dès le Presto spectaculaire, au tout premier mouvement de la Suite ancien style de Christian Sinding entama un feu d’artifice de tendresses et de vigueurs, sans relâche jusqu’aux trois dernières œuvres offertes en fin de récital!
Un défilé d’éblouissements!
Que d’éloquence incessante aux sources de l’inspiration musicale la plus pure même grâce aussi à ce fusionnel avec le pianiste Armstrong qui se greffe à lui en toute amitié : dans les passages revêches de la première Rhapsodie de Bartók jusqu’à chacun des quatre mouvements en toutes ses nuances pianississimo ppp jusqu’aux fortissimo ff de la langoureuse troisième sonate de Brahms opus 108 offerte en fin de la toute première partie du programme de cet inoubliable dimanche.
Évidemment, de cette plus que phénoménale virtuosité ou dextérité, de cette aisance d’envol au plus pur Cantabile, je ne vois pour évoquer son aura artistique de violoniste que les légendes d’Eugène Ysaÿe, ce Belge socialement engagé, ou de Joseph Joachim, le grand ami de Johannes Brahms.
Au sommet de son art
Notre élégant Manitobain reste, à mes oreilles, bien plus grand que Yehudi Menuhin et certainement l’égal parfait du fabuleux Itzhak Perlman. Dans l’histoire récente de l’interprétation (quatre disques étaient vendus à l’entracte), James m’a toujours ébloui et je n’ai jamais hésité un instant à acquérir un titre parmi ses enregistrements.
Si je place Ehnes bien au-delà d’Isaac Stern qui, au quotidien, avait cessé de pratiquer comme tant d’autres (tel Vadim Repin) et même au-delà de Jascha Heifetz que je jugerai toujours trop froid voire glacial alors qu’Ehnes est d’une chaleur tendre et émouvante, ce sont bien entendu des goûts personnels de sensibilité.
Probablement Arthur Grumiaux et Christian Ferras atteignirent le même niveau de sublime que notre Canadien et, du côté des Russes, je place James Ehnes au niveau de David Oïstrakh et d’Oleg Kagan (son élève). Hilary Hahn et Gil Shaham complètent avec Ray Chen et Sarah Chang ma collection d’étoiles. Des jeunes apparaissent aussi sans relâche avec leurs fabuleux talents.
Bientôt Lucas Debargue
Le 25 octobre, nous nous attendons à d’autres émerveillements musicaux avec le récital de l’intelligent et courageux Lucas Debargue que je supplierai de me rencontrer pour qu’il nous parle de cette intégrale de toute la musique de piano de Fauré qu’il a eu l’audace d’intégrer à son imaginaire afin d’enrichir sa fulgurante sensibilité.
Programme du récital – Salle Pollack, LMMC, 4 octobre 2026
James Ehnes (violon) et Andrew Armstrong (piano)
- SINDING (1856-1941) – Suite dans le style ancien en la mineur, op. 10 (1888)
- BRAHMS (1833-1897) – Sonate pour violon n° 3 en ré mineur, op. 108 (1888)
- BRADEN (1985- ) – Imaginal (2026)
- BARTÓK (1881-1945) – Rhapsodie n° 1 pour violon et piano, Sz. 86 (1928)
- Henryk Wieniawski (1835-1880) – Scherzo-tarentelle, opus 16
- Moritz Moszkowski (1854-1925) – Guitare, opus 45 n° 2, arrangement pour violon de Pablo de Sarasate
- Antonio Bazzini (1818-1897) – La ronde des lutins, opus 25
📸 @_curtisperry (Photos tirées du compte Instagram de James Ehnes
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)






























































