« Mon Dieu que les gens vont pas bien ! L’amour les rend tous fous… »
Mercredi 30 septembre, le Théâtre Denise-Pelletier m’a frappée fort. Dès 20 h, La Mouette a conquis toute la salle.
Entourée d’une distribution cinq étoiles, la metteuse en scène Catherine Vidal revisite ce grand classique dans une adaptation québécoise signée Guillaume Corbeil. Elle nous transporte de la Russie du XIXe siècle au Québec d’aujourd’hui, avec des clins d’œil aussi surprenants qu’amusants, dont une partie de bingo!
Dès leur arrivée, les spectateurs sont invités à monter sur scène. Le décor imaginé par Geneviève Lizotte (assistée de Carol-Anne Bourgon Sicard) les plonge aussitôt dans l’ambiance : les acteurs les accueillent parmi les confettis et les serpentins, pop-corn à la main. Une entrée en matière festive pour cette comédie dramatique de Tchekhov.
La Mouette observe les relations humaines dans toute leur complexité : tensions entre générations, triangles amoureux, amours non partagées. Macha aime Kostia, jeune écrivain et fils d’Arkadina, actrice célèbre qui se moque cruellement de lui et ignore son talent. Kostia, lui, est fou amoureux de Nina, une jeune comédienne à qui il confie sa première pièce, manifeste pour un théâtre nouveau. Mais Nina tombe sous le charme de Trigorine, écrivain renommé et amant d’Arkadina.
Après ce moment passé sur le plateau, le public regagne la salle et l’atmosphère s’installe. Macha Limonchik incarne une Irina Arkadina magistrale : théâtrale, narcissique, elle domine la scène avec autorité tout en laissant deviner une grande vulnérabilité.

À ses côtés, Mattis Savard-Verhoeven campe un Kostia habité, à la fois révolté et fragile. Madeleine Sarr prête à Nina la grâce et la ferveur d’une jeune femme happée par ses illusions, tandis que Renaud Lacelle-Bourdon donne à Trigorine un juste équilibre entre doute littéraire et séduction désinvolte.
Le reste de la troupe — Olivia Palacci (Macha), Simon Beaulé-Bulman (Medvedenko), Nathalie Claude (Paulina), Vincent Côté (Chamraïev), Igor Ovadis (Sorine) et Daniel Parent (Dorn) — affiche une belle complicité. Chacun habite son personnage avec conviction.
L’auteur
Écrivain et dramaturge russe, Anton Tchekhov (1860-1904) a publié, tout en exerçant la médecine, plus de 600 œuvres entre 1880 et 1903 : contes, nouvelles et pièces, dont La Mouette, Oncle Vania et La Cerisaie. Il est célèbre pour sa peinture de la vie de province russe et pour ses personnages profondément humains, dont les dialogues simples cachent toute la complexité et la cruauté de l’existence.

Une ovation méritée
Le public n’est pas resté indifférent. À la fin du spectacle, une ovation a éclaté et ramené les acteurs trois fois sur scène. Un triomphe qui rappelle à quel point le théâtre peut être puissant, vivant et indispensable.
La Mouette
Théâtre Denise-Pelletier, salle Denise-Pelletier – Billets
Du 29 septembre au 17 octobre 2026
1 h 50 sans entracte
4353, rue Sainte-Catherine Est, Montréal
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)






























































