On se souviendra à jamais de cette ravissante soirée musicale fraternelle du 23 septembre où ce grand seigneur élégant de la musique qu’est Lang Lang est entré tout souriant, regard illuminé, bras sous bras, avec notre vigoureux jeune chef Rafael Payare sous les applaudissements d’un public élégant.
Salle comble, fortissimo
Après l’ouverture programmée, d’une dizaine de minutes d’une oeuvre d’apparat, à peu près inconnue de tout le milieu musical, signée Emilie Mayer, Lang Lang nous offrait donc le fameux cinquième Concerto de Beethoven dit l’«Empereur» et il y prit, en effet, des allures impériales.
Concerto pour piano et orchestre vénéré du public, écrit en mi bémol majeur et tissé d’octaves par lacis de brillantes cadences vernies, annotées partout fortissimo mais jouées, à peu près toutes, par Lang Lang, un forte additionnel, nous avons raffolé de sa gestuelle de grand sorcier séduisant, en extra.

Gravité et solennité
Lang Lang émeut en grand étalage avec la gravité d’un couronnement scintillant : sans doute pouvait-on l’entendre jusqu’à la plus haute orbite du firmament.
Lang Lang fut un enfant-prodige : il reste encore un artiste aux coloris spectaculaires et ses trilles radieuses en crescendo ou decrescendo se gonflent d’un pianissimo cristallin jusqu’au fortississimo triomphal.
Ainsi, l’oeuvre de Beethoven aura donc scintillé de ces réverbérations émouvantes grâce à l’acoustique parfaite de la Maison Symphonique et au piano Steinway de Hambourg.
Deux rappels de Lang Lang
Contrastant avec sa concertante prestation d’étoile du piano classique aimant ajouter des poses ou mimiques savoureuses qui font sourire même les musiciens de l’orchestre, le premier rappel offert fut exquis de finesse et de sensibilité : la seconde parmi six Consolations de Franz Liszt montra l’indéniable talent poétique du pianiste chinois célébré avec raison tout partout tel un précieux prince du clavier.
Le passage montréalais de la comète Lang Lang
apparaîtra comme un Sacre d’automne
Son second rappel dit de la Danse rituelle du feu de Manuel de Falla offrit ensuite de tout autres teintes tactiles et de diaboliques percussions : tout fut joué à la Horowitz me rappelant certaines chorégraphies explosives semblables aux danses du ballet Gayaneh d’Aram Khatchatourian.
En somme, le passage montréalais de la comète Lang Lang apparaîtra comme un Sacre d’automne pour nous tous qui voyons s’estomper le feu des rayons du beau Soleil estival observé chez nous en 2026.
Nous resterons tout de même en attente des grands vents qui feront s’abattre les feuilles multicolores de nos Acéris érubescents s’étiolant sur nos têtes, mais la seconde Symphonie de Jean Sibélius, entendue mardi soir, dépassa en splendeurs toutes les trépidations ressenties auparavant et jusqu’alors.

À vite enregistrer
Le public choyé de l’OSM aura entendu probablement la plus phénoménale interprétation de la seconde Symphonie qu’on ait jamais pu livrer en salle.
En cette oeuvre incomparable du compositeur finlandais, la jeunesse vigoureuse des tout nouveaux musiciens de l’Orchestre Symphonique de Montréal — renouvelé en son quatuor à cordes (vraiment un ensemble hors-pair) — s’alliait avec les réparties expertes offertes par tous les vents.
Je songe depuis l’Andante jusqu’au Finale à ces nombreux dialogues entre les solistes aux clarinettes dont Todd Cope, Alain Desgagné et Ryan Toher, les bouleversantes mélopées de Sibelius reprises par le violoncelliste Brian Manker.
Je souligne également les teintes ajoutées par Catherine Turner (cor), Paul Merkel (trompette), Vincent Boilard (hautbois) et Alex Liedtke, bien sûr Timothy Hutchins (flûte) et tout son suprême pupitre, certes j’oublie beaucoup de noms parmi les valeureux solistes artisans de ce chef d’oeuvre de 44 minutes bouleversantes que l’OSM glorifie et qu’il doit, à tout prix, urgemment, endisquer pour cette étiquette Pentatone devenue la leur.
Maison Symphonique
Orchestre Symphonique de Montréal
Lang Lang, pianiste.
Programme
- Émilie Mayer (1812-1883) Ouverture no.2
- Ludwig van Beethoven (1770-1827) Concerto no. 5 pour piano et orchestre Empereur opus73
- Jean Sibelius Symphonie no. 2 opus 43
Photos : Antoine Saito
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)




























































![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-120x86.jpg)
