Dans le cadre de l’Intégrale des lieder offerte sur plusieurs saisons musicales par la programmation de la Salle Bourgie, nous en sommes rendus aux ballades vocales du plus lyrique Schubert.
Le chant dramatique et souvent fantastique s’y racontait en récitatif solo depuis l’extraordinaire voix de l’élégant baryton Konstantin Krimmel qu’accompagnait un jeune pianiste hors pair du nom d’Ammiel Bushakevitz.
Histoires tragiques
Huit narrations fort dramatiques composaient le programme parfois d’évocations charmantes de propos de jeunesse ou d’enfance à l’origine heureuse en quête d’idéal inatteignable (Der Pilgrim), tantôt de bonheurs évanescents ou illusoires (An den Mond) ou d’optimisme amoureux (Des Fischers Liebesglück), enfin tous inspirés de poètes divers tels Ludwig Hölty (1748-1776), Gottfried von Leitner (1800-1890), Eduard von Bauernfeld (1802-1890), August Wilhelm Schlegel (1767-1845) agissant sans retenue sur le grand musicien autrichien mort si jeune comme l’inspirèrent les grandissimes Schiller et Goethe.
Ferveur d’accompagnateur
Il faut absolument souligner combien les deux artistes s’épousaient parfaitement sur scène en chacun des épisodes, mariage musical bien à l’honneur du séduisant chanteur, mais aussi du pianiste accompagnateur Ammiel Bushakevitz fort habile à relever les défis digitaux de la partition mais à primordialement magnifier la splendeur de la voix de Konstantin Krimmel par expressivité accentuée ou retenue judicieusement ponctuée.
Wiedersehn, Der Vater mit dem Kind, Die Bürgschaft en furent sans doute les sommets absolus de la soirée.
Rappel fauréen
En se signant comme s’il attaquait un grand classique du répertoire français, Konstantin Krimmel nous a offert en rappel Les Berceaux de Gabriel Fauré qu’il chanta comme tout le reste avec la plus sublime perfection.
J’espérais le plausible coup de génie de nous gratifier d’Après un rêve du même compositeur (car toute la soirée musicale, pour nous, en fut un, inoubliable) en second rappel, mais ils s’en retinrent de sorte qu’on se limitera à ce souhait hasardeux : espérer, peut-être, un jour prochain, un récital de lui si adroitement accompagné, tout en français, puisqu’il maîtrise parfaitement les voyelles, liaisons, intonations et phonations de notre langue en ses clartés évocatrices.
INTERPRÈTES
Konstantin Krimmel, baryton
Ammiel Bushakevitz, piano
PROGRAMME
SCHUBERT
Der Pilgrim, D. 794
An den Mond, D. 193
Des Fischers Liebesglück, D. 933
Entzückung an Laura, D. 390
Wiedersehn, D. 855
Der Vater mit dem Kind, D. 906
Die Bürgschaft, D. 246
ENTRACTE
Der Taucher, D. 77

























![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)




















