Que se passe-t-il lorsque la danse en ligne queer rencontre les récits ancestraux autochtones dans l’intimité d’un studio de recherche? C’est à l’intersection de ces territoires corporels et politiques que nous conviait Tangente lundi soir, le 2 novembre, pour la dixième édition de LABdiff. D’un côté, Marcus Merasty insuffle à la scène contemporaine une mémoire somatique nourrie par le territoire et les histoires collectives.
De l’autre, Noël Transcendance Vezina réinvente la répétition et l’endurance en transposant le country queer dans un espace d’émancipation personnelle. En ouvrant les portes du processus de création, ce double programme offre bien plus qu’une simple présentation d’étape : il donne à voir l’urgence et la grâce de deux démarches nécessaires.
Marcus Merasty : métamorphoses et mémoire du territoire
Le chorégraphe nēhithaw (cri) Marcus Merasty a dévoilé une pièce de 25 minutes ancrée dans les récits traditionnels de métamorphose, où l’humain se transforme en animal. Sur scène, les trois interprètes — Sophie Dow, Kyana Lyne et George Stamos — manipulent des peaux d’orignal, objets à la fois matériels et hautement symboliques qui façonnent la scénographie. En mariant la texture brute de la matière à un vocabulaire chorégraphique zoomorphe, Merasty jette un pont saisissant entre le conte autochtone et le théâtre physique d’avant-garde.
Noël Transcendance Vezina : la subversion joyeuse du line dancing queer
De son côté, Noël Transcendance Vezina fait le pari de bousculer les codes de la danse contemporaine institutionnelle en y injectant l’énergie festive du line dancing queer. Par une déconstruction décontractée des genres et des espaces, la démarche ébranle la rigidité habituelle des milieux de la « haute culture ».
Accompagné·e sur scène par Adrien Poulin au banjo, l’artiste transporte ces danses populaires et communautaires dans le cube noir de l’Édifice Wilder, sous les éclats scintillants d’une boule disco. Le dialogue entre la danse et les sonorités organiques du banjo crée une friction aussi stimulante que rafraîchissante. Une hybridation qui démystifie joyeusement l’espace scénique traditionnel!
Le format LABdiff : la convivialité au service de la création
Cette soirée confirme une fois de plus la pertinence du format LABdiff, imaginé par Tangente pour soutenir les œuvres en développement. Dans le cadre intimiste de l’Espace Vert de l’Édifice Wilder où l’on vous invite à enfiler des pantoufles, un verre à la main , le dispositif abolit la distance entre la scène et la salle et instaure une atmosphère chaleureuse et détendue.
En fin de soirée, un moment d’« intelligence collective » permet au public de partager ses impressions à chaud et d’analyser les pièces en toute liberté, tandis que les chorégraphes écoutent en retrait, sans intervenir. Une mécanique d’échange précieuse, qui nourrit le processus créatif tout en tissant un lien authentique entre les artistes et leur communauté.
Credit : Nathalie DUHAIME

























![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)




















