Depuis plus de vingt ans, Louis-Jean Cormier explore l’intime avec une sensibilité qui a marqué le paysage musical québécois. Après une tournée en solo en 2025 où il s’était fait un devoir d’interpréter les chansons des autres, l’auteur-compositeur-interprète revient au cœur de sa propre œuvre, mais cette fois-ci, soutenu par la puissance de l’Orchestre FILMharmonique.
Pour l’avoir vu évoluer dans de nombreuses salles montréalaises, l’entendre résonner dans la plus belle salle de concert de la ville offrait un contraste saisissant, prouvant que son univers poétique possède l’envergure nécessaire pour briller dans un format aussi grandiose.
Lors de l’un des deux concerts présentés à la Maison symphonique, Louis-Jean Cormier a revisité les pièces les plus marquantes de son répertoire, sublimées par les arrangements orchestraux inédits du jeune chef d’orchestre Francis Choinière et de Joey Reda.
Dès les premières notes, ce projet ambitieux a révélé un mariage musical saisissant où chaque morceau gagnait en ampleur et en émotion. Pigeant à travers tous ses albums, le chanteur a offert des versions réimaginées de St-Michel, L’ironie du sort, Face au vent ou encore Le ciel est au plancher. Portées par la direction de Choinière, ces chansons nous ont littéralement transportés dans un tout autre monde.
La force de ce spectacle réside dans l’équilibre parfait trouvé entre la voix singulière et familière de Louis-Jean et la richesse des textures orchestrales. Transformant des pièces aux origines folk ou pop-rock en véritables fresques grandioses, l’ensemble a su conserver une énergie contagieuse.
D’ailleurs, le moment fort de ce spectacle fut sans contredit l’interprétation de Tout le monde en même temps. Propulsée par une dose beaucoup plus rock grâce à l’implication fougueuse des musiciens, cette relecture magistrale s’est imposée comme le véritable coup de cœur de sa discographie lors de cette représentation.
Fidèle à son intensité scénique, le chanteur a su également s’effacer avec élégance, cédant avec respect sa place pour laisser briller un magnifique solo de violon. Entre les pièces, il s’est montré généreux et complice avec le public, multipliant les anecdotes savoureuses.
Il a notamment taquiné les musiciens classiques en plaisantant sur les contrebassistes qui auraient caché des boissons alcoolisées avec eux, détendant ainsi l’atmosphère souvent solennelle de la musique symphonique. S’étonnant avec humilité de voir autant de jeunes apprécier son répertoire, il a rapporté joliment que, selon certains, son style est « une musique qui s’écoute sous les étoiles ».
Au retour de l’entracte, l’Orchestre FILMharmonique a eu l’occasion de briller en ouverture de seconde partie avec une sublime interprétation de la Pavane pour une infante défunte du compositeur Maurice Ravel, une inspiration avouée dans le processus de création de ces nouveaux arrangements.
Ce concert, que j’appréhendais avec beaucoup d’attentes, s’est avéré un après-midi mémorable. Il prouve une fois de plus que les grandes chansons possèdent cette capacité unique à se métamorphoser et à voyager à travers les formes, offrant aux spectateurs une plongée grandiose dans l’univers d’un de nos plus grands créateurs.
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)































































