Dès les premières images de Murmures, la salle du Théâtre Maisonneuve s’est tue, comme suspendue. Présenté le 1er novembre au Théâtre Maisonneuve devant une salle pleine à craquer, Murmures a été une véritable claque poétique. Porté par l’Orchestre Métropolitain sous la direction toujours inspirée de Yannick Nézet-Séguin, et magnifié par les images saisissantes de Mario Cyr et de Marie-Julie Dallaire, ce concert-film nous convie à une communion intime avec la nature.
Pendant une heure trente, sans entracte, le film suit au plus près la vie quotidienne d’une faune variée, des fonds marins jusqu’aux forêts boréales. Pas de narration ni d’effets spectaculaires : la musique d’Anaïs Larocque tient lieu de récit et épouse le rythme de chaque séquence.
Né d’une idée originale de l’explorateur Mario Cyr, qui signe les images sous-marines et sauvages, le film s’est construit pas à pas, en étroite collaboration avec la cinéaste Marie-Julie Dallaire. Au fil d’un processus créatif où les images se sont nourries les unes des autres, tous deux ont conçu une immersion sensorielle et émouvante au cœur de la vie animale, qui propose une vision résolument égalitaire de la cohabitation de tous les vivants sur Terre.

Dès les premières notes, la magie opère entre la baguette de Nézet-Séguin et ces images sculptées par la lumière. La partition d’Anaïs Larocque, à la fois simple et grandiose, superbement orchestrée par François Vallière, ne fait pas qu’accompagner l’écran : elle dialogue avec lui, frémissant au rythme des fonds marins filmés par Cyr et du regard si humain posé par Dallaire.
Sur scène, les musiciennes et musiciens de l’Orchestre ont joué avec une ferveur remarquable pour ne faire qu’un avec le film, offrant bien plus qu’un concert : un souffle monumental. Les images, bouleversantes, nous plongent dans l’intimité secrète de nos « colocataires » non humains.
On s’émerveille devant la parade amoureuse des oiseaux, la grâce des poissons, la force tranquille des ours polaires et des phoques, la silhouette majestueuse des orignaux, et jusqu’à l’étonnante coopération d’une colonie de fourmis : autant de témoignages de la puissance d’une nature tout simplement formidable.
Épique et organique, la musique a conquis un public visiblement ému, qui a salué l’œuvre d’une ovation debout de cinq minutes.
Heureusement, ce beau moment ne s’arrête pas là. Le projet est taillé pour voyager, que ce soit en version symphonique à l’international ou sur grand écran.
Distribué par Maison 4:3, le film Murmures prendra l’affiche au Québec le 13 novembre, après avoir figuré dans la Sélection officielle de la 32e édition du festival CINEMANIA, en compétition dans la catégorie documentaire.
On sort de la salle le cœur plein, habité par un fort sentiment d’appartenance et par l’envie furieuse de chérir ce monde vivant que nous partageons. Une œuvre nécessaire, murmurée comme une évidence!
Crédit photo : François Goupil

























![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)




















