Le Monastère de Montréal n’est décidément pas un lieu de diffusion comme les autres. Niché dans les murs d’une ancienne église en plein cœur du centre-ville, l’espace offre un écrin quasi mystique aux arts du cirque. Avec sa configuration en scène centrale, le Cabaret All Star a su tirer profit de cette proximité absolue avec le public. Et pour le photographe que je suis, cette arène à 360 degrés s’est révélée être un terrain de jeu exceptionnel : chaque angle, chaque recoin devenait la promesse d’une prise de vue inédite.
Pour orchestrer cette soirée de haute voltige, c’est l’excellent Jérémy Vitupier qui a pris les rênes. Animateur à l’énergie contagieuse, il a su rythmer le spectacle par son humour, mais aussi par d’étonnants numéros de magie et de mentalisme. Je dois d’ailleurs l’avouer : certains de ses tours me laissent encore aujourd’hui dans une perplexité totale !
Des performances qui défient la gravité (et les attentes)
Le ton de la soirée a été donné d’entrée de jeu par le duo aérien de Marie et Corentin. Au trapèze, ils ont livré une prestation d’une force et d’une sensualité rares, prouvant que l’équilibre est avant tout une affaire de complicité féroce.
Nous sommes ensuite redescendus sur terre — ou presque — avec un numéro de vélo acrobatique absolument bluffant. L’artiste ne se contente pas de rouler ; elle fait corps avec sa monture, grimpant sur le cadre et se tenant debout sur le guidon avec un naturel déconcertant.
L’un des moments les plus poétiques de la soirée est sans contredit l’œuvre d’Alexis Vigneault. L’acrobate a transformé un objet du quotidien en partenaire de danse, virevoltant autour d’une lampe acrobatique de sa propre conception. Une chorégraphie lumineuse et visuellement saisissante.
L’hypnose collective s’est poursuivie grâce à Katarína Sobinkovičová. Dans un fascinant croisement entre danse et acrobatie, son numéro au cerceau aérien brillait par sa fluidité envoûtante.
Enfin, la palme de l’originalité revient sans doute à William Borges, qui a réussi le pari improbable de fusionner les sangles aériennes et la manipulation de chapeaux. Le contraste entre la puissance physique exigée par les sangles et l’extrême dextérité de la jonglerie a créé un moment aussi inattendu que spectaculaire.
Capturer l’éphémère
En réunissant des talents d’ici et d’ailleurs, le Cabaret All Star m’a rappelé à quel point le cirque contemporain est un art vivant en constante mutation. Toujours capable de surprendre, même lorsqu’on pense en connaître tous les codes.
L’œil collé à l’objectif toute la soirée, j’ai dû jongler avec la frénésie des corps en mouvement, les jeux de lumière dramatiques et ces fameux instants de suspension où le temps semble s’arrêter. Photographier le cirque, c’est un défi de chaque seconde, car ces athlètes-artistes, eux, ne restent jamais immobiles. Une soirée vibrante qui prouve que le Monastère est bel et bien le sanctuaire montréalais de l’émerveillement.
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)



































































