Il y a des soirs où on entre dans une salle sans trop savoir à quoi s’attendre… et où on ressort avec le sourire accroché au visage. C’est exactement ce que j’ai vécu avec & Juliet, de passage à la Place des Arts.
Dès les premières minutes, j’ai senti que le spectacle n’allait pas jouer dans la retenue. Ici, tout est assumé : les couleurs éclatent, l’énergie déborde et le ton est donné — on est là pour s’amuser, mais aussi pour revisiter un mythe bien ancré, celui de Roméo et Juliette. Et la prémisse fonctionne à merveille : et si Juliette avait choisi de vivre?
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est cette Juliette moderne, loin de l’image fragile qu’on connaît. Elle doute, elle rit, elle se relève, et surtout, elle décide. Son voyage à Paris devient autant une quête identitaire qu’une aventure amoureuse, et on embarque rapidement avec elle, sans résistance.
Mais soyons honnêtes : une bonne partie du plaisir vient aussi de la musique. Le catalogue de Max Martin est utilisé ici avec une intelligence surprenante. J’étais un peu sceptique au départ — enchaîner du Britney Spears, du Backstreet Boys, du Katy Perry ou du Kelly Clarkson dans une comédie musicale, ça peut vite devenir un simple jukebox. Mais ici, non. Les chansons sont bien intégrées, parfois même détournées de façon brillante.
Je me suis surpris à sourire dès les premières notes de …Baby One More Time, à taper du pied pendant Roar, et à sentir la salle vibrer sur Since U Been Gone. À plusieurs moments, j’avais presque l’impression d’être dans un gigantesque karaoké collectif — et ça, c’est loin d’être un défaut.
La distribution mérite aussi qu’on s’y attarde. Il y a une vraie cohésion sur scène. Les interprètes ne font pas que chanter : ils jouent, ils habitent leurs personnages, ils nous regardent presque dans les yeux. J’ai particulièrement apprécié l’équilibre entre humour et émotion — certaines répliques font franchement rire, puis, sans prévenir, une chanson vient nous chercher ailleurs.
Visuellement, c’est un feu d’artifice. Les décors bougent, les projections ajoutent du rythme, les costumes explosent de couleurs. Tout est pensé pour soutenir cette esthétique pop assumée, et ça fonctionne. Par moments, j’avais vraiment l’impression d’assister à une série de vidéoclips… mais avec une âme.
Au-delà du spectacle, ce qui reste, c’est le message. & Juliet parle de liberté — celle de choisir, de se réinventer, de ne pas rester prisonnier d’une histoire écrite par quelqu’un d’autre. Et ça, dans une salle remplie, ça résonne fort.
Au final, j’en ressors avec une impression simple : j’ai passé une excellente soirée. C’est léger sans être vide, festif sans être superficiel, et surtout, profondément actuel. Une comédie musicale qui ne se contente pas de divertir, mais qui donne aussi envie, un peu, de réécrire nos propres fins.





























































