Le samedi 28 mars 2026, la Salle Bourgie a été le théâtre d’une épiphanie avec la création Tout ce qu’il reste, signée par le talentueux duo Diana León et Paco Ziel.

Une symbiose disciplinaire exemplaire
Dès les premiers instants, la compagnie Vías nous plonge dans un univers d’une rare délicatesse.
Le pari était audacieux : s’attaquer aux lieder de Schubert, ce monument de la mélancolie romantique, pour en faire le moteur d’un concert dansé.
Le résultat est tout simplement bouleversant. La musique de Schubert est le souffle même qui anime les corps.
La danse comme prolongement du chant
La chorégraphie de León et Ziel se distingue par une fluidité organique. Les interprètes habitent l’espace avec une vulnérabilité désarmante, traduisant chaque inflexion de la voix et chaque nuance du piano par des mouvements d’une précision chirurgicale, mais empreints d’une immense humanité.
On ne regarde pas seulement la danse, on écoute le mouvement. La poésie des textes originaux trouve un écho visuel saisissant, transformant l’intimité feutrée de la Salle Bourgie en un sanctuaire où la douleur et la beauté cohabitent dans une harmonie parfaite.
Une coproduction d’excellence
On sent, dans la finition de cette œuvre, la force du soutien de partenaires majeurs comme Danse Danse, le Centre national des Arts et le Domaine Forget. La mise en lumière et l’utilisation de l’acoustique naturelle de la salle subliment le travail des danseurs et des musiciens, créant un dialogue tripartite entre l’oreille, l’œil et le cœur.
L’ascension fulgurante de la compagnie Vías, récemment couronnée du prix Révélation aux Prix de la danse de Montréal, trouvait une expression sublime dans la symbiose créative entre Diana León et Paco Ziel.
En unissant leurs forces au talent du baryton Olivier Bergeron et de la pianiste Chloé Dumoulin, le duo transcendait les frontières disciplinaires pour offrir un véritable supplément d’âme à travers l’œuvre de Schubert.
Ce concert dansé instaure un dialogue charnel et vibrant où la musique et le chant dictent le souffle du mouvement. Dans cette quête d’introspection, l’humanité profonde des compositions autrichiennes s’épanouit librement, enveloppant le spectateur dans une atmosphère de communion rare.
Tout ce qu’il reste est une œuvre d’une maturité exceptionnelle. Diana León et Paco Ziel confirment leur place parmi les créateurs les plus visionnaires de la scène actuelle. Une pièce essentielle, vibrante, qui nous rappelle que l’art, dans sa forme la plus pure, est ce qui nous maintient debout.
Une ovation debout amplement méritée!
https://www.dansedanse.ca/fr/spectacles/diana-leon-paco-ziel-vias
Photos © Robin Peneda Gould

























































