Nous nous étions déplacés, vendredi 15 mai, pour entendre la flûtiste solo de l’Orchestre métropolitain, la talentueuse Ariane Brisson, jouer avec les Violons du Roy sous Andrei Feher une Fantaisie de Fauré arrangée par Yoav Talmi, en seconde partie. Mais aussi pour jouir, autant que possible, de deux oeuvres contemporaines dont une toute nouvelle création (soit la seconde au programme avec flûte) de Barbara Assiginaak, car c’est qui occupa la majeure portion de la première partie.
Postcards from the Sky
La première oeuvre contemporaine intitulée Postcards from the Sky (1996) de Marjan Mozetich nous a paru la plus agréable musicalement, accessible entre celles qu’on nous offrait. Riches d’effets sonores et de développements adroits et émouvants.
Quoi qu’en disent ceux qui étudient la musique « un tout petit peu » avec soin, dixit ce violoncelliste de l’ensemble rencontré par hasard, à l’entracte, disant tout haut que c’était « du pastiche » à la Philip Glass. J’ai trouvé le commentaire assez dérogatoire pour le compositeur (présent à Bourgie, vendredi soir, et ovationné), mais surtout hautain, méprisant et injuste. Merci beaucoup, mais passons.
Papillons de nuit
L’oeuvre en vedette, plus substantielle en étendue, très répétitive en métaphores batifolantes tant en moyens et effets, se trouve être de Barbara Assiginaak : en son invention originale intitulée Papillons de nuit, elle captait moins l’attention que la précédente au programme malgré les efforts de la flûtiste.
En chacune de ses cinq parties, un certain monochrome sans grand résultat mimétique, au fait, si des papillons de nuit (ou de jour) s’envoleraient bel et bien, en imagination, dans tout ça…il y faudrait une grande largesse d’acception.
Pas de révélation
Constat général, y compris la troisième vision, intitulée, en triple traduction, qui donnait ceci, en français Est une âme-spirit vert pâle pour autant que cela veuille aussi dire quelque chose de vraiment savoureux dans notre embarassée (embarassante?) langue française, je n’y découvre pas de révélation marquante.
Notre bienveillance offre sans contredit, à ces merveilleuses mises en valeur d’oeuvres contemporaines, le plus souvent à la Maison symphonique, une juste vigilance : presque chaque fois, depuis plusieurs années maintenant, sous le parrainage adroit et avisé de l’Orchestre symphonique de Montréal, comme ici à Bourgie, évidemment à grand renfort de subventions, on a aimé passionnément jusqu’à l’écrire. Pas cette fois-ci.
Un sextuor de Tchaikovsky
La version du Souvenir de Florence de Piotr Ilitch Tchaikovsky fut le clou de la soirée et le lieu d’une haute prestation de l’ensemble et du jeune chef. Quatre subtantiels mouvements qui rappellent, parfois, les beautés de la célébrissime Sérénade pour cordes du même compositeur alors à son sommet.
Dates-clé pour 2026-2027
Les Violons du Roy sous le chef raffiné qu’est Bernard Labadie c’est toujours une autre expérience à ne pas rater : le 28 septembre prochain à la Maison symphonique une ouverture de saison en programme tout Georg Friedrich Haendel avec le contre-ténor Iestyn Davies.
Au même lieu, avec la fabuleuse Chapelle de Québec, le 21 décembre une Messe de Minuit de Marc-Antoine Charpentier et une Sinfonia de Michel Corette, mais surtout, le 1er mai 2027, à mes yeux, la production du Didon et Énée de Henry Purcell avec la Chapelle et cette voix que j’ai louangée comme nulle autre (au dernier Carmen), soit la soprano Magali Simard-Valdès dans Belinda + la Confidente auprès de la mezzo Ema Nikolovska en Didon et du baryton Tyler Duncan en Énée.
À Bourgie, sept concerts
Le Temple bourgien résonnera de diverses oeuvres baroques et classiques les 23 octobre, 12 février mais sans Labadie.
J’y note surtout les haut fait des Indes galantes de Jean-Philippe Rameau le 27 novembre avec Labadie, tout comme au concert final de la future saison en un tout concert Bach le 4 juin 2027 .
Restent trois dates dont le 29 janvier avec l’impressionnante pianiste Elisabeth Pion dans un concerto de Philip Glass, puis un concert tout classique le 19 mars avec du Salieri, Mozart, Haydn et Boccherini où le corniste Jean-Philippe Marsolais se trouve invité.
Enfin, non les moindres, le harpiste Antoine Malette-Chénier et la soprano Hélène Guillemette seront Sur le Chemin du Rêve le 9 avril 2027.
Le public de la Ville de Québec en recevra davantage de cette haute qualité musicale, mais pour nous, Montréalais, c’est une grande joie depuis toujours d’accueillir ces visiteurs munis d’instruments fabuleux prêtés par Canimex.






























































