Mardi soir dernier, le centre-ville de Montréal était le théâtre de deux types de « messes » bien distinctes : pendant que les partisans du Canadien se réunissaient pour affronter Buffalo, les disciples du métal extrême, eux, convergeaient vers l’Olympia. La tournée The Godless IV 2026 y faisait escale, promettant une soirée de décibels sismiques avec une affiche monumentale : Behemoth, Deicide, Rotting Christ et Immolation.
Une montée en puissance : Rotting Christ et Immolation
Pour préparer le terrain, Immolation et Rotting Christ ont offert des performances solides, chacun dans leur registre. Si les premiers ont misé sur une brutalité technique et sombre, les Grecs de Rotting Christ ont apporté cette touche atmosphérique et mélodique qui les caractérise, confirmant que la soirée serait placée sous le signe de la diversité extrême.
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Deicide : Le retour en grâce de Glen Benton
C’était ensuite au tour des légendes de Tampa, Deicide, de prendre d’assaut la scène. Le groupe a frappé fort d’entrée de jeu avec l’incontournable When Satan Rules His World, tiré de l’album culte Once Upon the Cross, suivi immédiatement de Bastard of Christ.
Ce qui a frappé la foule, c’est l’état de forme du chanteur Glen Benton. Vocalement impeccable, sa gestuelle trahissait un plaisir évident d’être sur la scène montréalaise — un contraste marqué avec ses précédents passages. À ses côtés, le batteur Steve Asheim, du haut de ses 56 ans, a prouvé qu’il n’a rien perdu de sa puissance ni de sa rapidité. Enchaînant les classiques comme They Are the Children of the Underworld, Dead by Dawn et concluant avec Homage to Satan, Deicide a laissé une salle conquise et prête pour l’apothéose.
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Behemoth : Une théâtralité infernale
Quatre ans après leur dernier passage, les Polonais de Behemoth étaient attendus de pied ferme par une armée de fans vêtus de noir. Dès que les lumières se sont éteintes, l’Olympia a changé de dimension.
La mise en scène était à couper le souffle : une passerelle monumentale traversant la largeur de la scène, des pieds de micros sculpturaux et une plateforme surélevée pour le batteur, où les musiciens venaient régulièrement se recueillir. L’éclairage, millimétré, complétait cette esthétique de « grande messe » visuelle.
Le rituel a débuté avec The Shadow Elite et Ora Pro Nobis Lucifer. Dès l’apparition d’Adam « Nergal » Darski, leader charismatique et membre fondateur, la communion a été instantanée. Entre deux morceaux, Nergal s’est laissé aller à la nostalgie, racontant à la foule qu’en marchant en ville plus tôt dans la journée, il était passé devant les Foufounes Électriques, là où tout a commencé pour eux à Montréal lors de leur toute première visite.
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Une proximité brute
Le clou du spectacle a été marqué par une intensité rare. Vers la fin du concert, le bassiste Orion n’a pas hésité à descendre de son piédestal pour rejoindre la barricade, au plus près des fans, brisant la distance entre l’autel et ses fidèles.
Pour les oreilles sensibles, les titres provocateurs auraient pu faire sourciller, mais pour les amateurs présents, ce fut une soirée mémorable où la puissance sonore a rencontré une exécution artistique de haut vol. Montréal a une fois de plus prouvé qu’elle reste une terre d’accueil privilégiée pour les maîtres du métal.



























































