Au cœur de la programmation du FTA, là où les corps s’affranchissent des normes pour explorer de nouveaux territoires de liberté, Bottommost surgit comme une décharge électrique. Dans une ruelle de carton qui craque et se déchire sous l’effort — une scénographie immersive d’Emile Pineault avec Marie-Audrey Jacques et Morris Fox — deux corps se flairent et s’apprivoisent.
Enveloppés dans les textures brutes de costumes de Fanny Jane, les interprètes nous plongent dans une chorégraphie des bas-fonds où l’animalité est reine. Entre jappements, sueur et poussière de papier, ce duo renégocie les règles du désir et de la camaraderie. Une claque visuelle et organique qui transforme l’abject en une tendresse rugueuse, profondément humaine.
Bottommost : La tendresse au creux de l’instinct
Dans ce décor de débris, deux corps à quatre pattes se reniflent, se cherchent et se jaugent. Emile Pineault et Baco Lepage-Acosta nous ramènent à l’instinct pur, là où les codes sociaux s’effacent pour laisser place à une intimité sauvage.
On assiste à une réconciliation avec nos parts d’ombre, où la vulnérabilité se cache derrière la morsure. L’aspect visuel de la pièce est une réussite totale. Le carton n’est pas qu’un simple décor : c’est une matière vivante qui glisse, craque sous les genoux et révèle les corps au fil de la performance.
On sent presque l’odeur du papier humide et de la poussière. Les costumes se confondent avec les débris, créant une esthétique de la survie où le corps et son environnement fusionnent. C’est brut, tactile, et d’une force physique incroyable.

L’exploration de l’abject
Le spectacle rend beau ce qui semble de prime abord sale ou humiliant, transformant la ruelle sombre en un terrain de jeu sacré. On sent l’effort et la fougue de ces « chiens » humains qui réapprennent à se reconnaître. La pièce bouscule nos idées reçues sur les rencontres anonymes et nous invite à « sentir » autrement.
Bottommost est une invitation à habiter nos zones d’ombre avec fierté. Un duo d’une rare intensité qui transforme l’abject en une tendresse rugueuse.
À voir absolument au FTA si vous n’avez pas peur de vous salir les mains pour découvrir une forme de beauté nouvelle.
2-6 juin UQAM Pavillon Sherbrooke
https://fta.ca/fr/programmation/bottommost
Photos : B. Brookbank






























































