Idéaliste indéracinable, je me suis demandé comment les mélomanes montréalais pouvaient-ils se consoler de leur impuissance face au décevant monde incendié en guerres révoltantes par la seule musique? Et ma réponse se trouva évidente dans l’Éloge de la fuite d’Henri Laborit mais surtout grâce aux si raisonnables abonnements disponibles puisque les programmations de notre saison musicale 2026-2027 sont véritablement exceptionnelles!
Retour à la salle Pollack
Montréal dispose de quatre salles à l’acoustique excellente et la salle Pollack de la Faculté de musique de l’Université McGill est l’une d’elles, enfin restaurée (sièges neufs, nouvelles entrées, mais la caisse acoustique de la salle intacte!). Elle accueillera encore le Ladies Morning Musical Club du dimanche après-midi 15 heures 30.
Dix rendez-vous pour 400 dollars (Étudiants de 26 ans et moins 125 dollars!!!) c’est une aubaine quand un billet au parterre de la Maison symphonique coûte fréquemment 150 dollars et l’Opéra parfois le double de cela pour une seule place.
Le LMMC poursuivra donc sa mission vigoureuse telle que l’ont imaginée des femmes inspirées depuis 1892 (donc 134 ans!)
De très grands noms
Mesdames du LMMC ajoutent aux noms incomparables archivés avec le temps ceux des plus fascinants virtuoses actuels de la musique. L’archet plus fabuleux parmi tous ceux d’ici, soit James Ehnes au violon avec Andrew Armstrong (4 octobre), puis le pianiste Lucas Debargue (25 octobre).
Viendront s’ajouter Johanes Moser au violoncelle avec le gigantesque cerveau pianistique que demeure Marc-André Hamelin (28 février) et enfin le pianiste volcanique à découvrir, M. Serge Babayan (11 avril).
Comme toujours, la musique de chambre remplira 6 des dix créneaux dominicaux avec en concert d’ouverture le trio Hermitage (13 septembre), plus tard le Quatuor Hanson avec l’altiste Lise Berthaud (15 novembre) et, pour assurer le réchauffement des coeurs philisophes de notre incontournable longue bise enneigée, surgiront les quatuors à cordes Calidore (6 décembre), Danish (7 février), Pavel (21 mars) et Arod (2 mai). Voilà les collations de l’hiver et du printemps 2027.
L’OSM et Bourgie, des absolus
Quoique mercredi 12 août 19h30 nous irons bientôt à la course à l’estival concert populaire annuel du stade olympique, il faut rappeler que l’OSM et son choeur ouvriront leur saison avec Des Knaben Wunderhorn et Das Klagende Lied de Gustav Mahler oeuvres à très grand déploiement (Maison Symphonique – vraiment à ne pas rater les 16 et 17 septembre).
Semaine suivante, le 23 c’est le célébrissime Lang Lang mais je crois que, là, toute place se soit envolée!
Quoique nous ayons déjà fait dans nos pages un substantiel tour d’horizon de la saison symphonique et aussi des défilants trésors, soir après soir, que nous ont promis encore une fois la salle Bourgie et son équipe, j’insiste que vous y jetiez un coup d’oeil. N’oublions pas qu’on y poursuivra un cycle des lieder de Schubert parmi tant d’autres joyaux. Nous y reviendrons de semaine en semaine.
Concerts-repas et récitals gratuits
Les personnes de tout âge aimant l’opéra et l’art lyrique peuvent, pour des vétilles, devenir membre du club assez raffiné qu’André Lemay-Roy anime avec des musicologues invités.
Il tient ça à bout de bras et quoique baptisé jadis Café d’art vocal rue Atateken (autrefois Amherst) c’est aussi un lieu d’amitiés à lier ou découvrir. On y sert des repas bien préparés préalables à l’écoute des conférences.
On peut y entendre chaque semaine des joyaux du monde raréfié de l’opéra à Montréal cette ville de 4 milions d’habitants, voire plus, où on n’en offre que 5 ou 6 annuellement à la salle Wilfrid Pelletier (6 opéras par semaine dans une ville de deux millions d’habitants comme Prague du temps du régime communiste… Berlin la nostalgique avec deux grandes maisons d’opéra une à l’Est puis l’autre à l’Ouest faisait même mieux!).
Salle Claude Champagne et Conservatoire
Mon alma mater sur l’autre colline continue d’offrir en cette belle salle Claude Champagne, rénovée elle aussi, des récitals étudiants fabuleux que les excellents professeurs cisèlent une année entière avec soin et audace.
Idéal lieu pour se forger un répertoire d’auditeur spécialisé en musique classique. On s’y assoit pendant 50 ans et on se cultive en fuyant le monde de toute époque. À 16-17 ans, j’y ai commencé mon exploration musicale tout comme à Pollack ou Redpath Hall de McGill qui m’avaient offert ma première intégrale des sonates de Beethoven avec le pianiste Anton Kuerti.
Soupirs d’impuissant
Je ne saurais en faire plus pour vous convaincre de vous rendre tout autant au Conservatoire de musique de Montréal rue Henri-Julien pour y suivre nos grands talents musicaux bien dirigés là aussi, tout instrument confondu.
Sauvez donc ainsi votre âme du désastre des mauvaises nouvelles et des éducations publiques malmenées de réformes abracadabrantes et écoutez une musique qui en vaille la peine.
Ce sont des heures gagnées au bonheur et pas du tout sur le chemin des pas perdus, quelque prisonnier du monde actuel que l’on se croirait définitivement otage.
N.B. : Bientôt je vous offrirai une recension méritoire et détaillée des extraordinaires enregistrements du sobre et discret virtuose érudit trop méconnu qu’est ce vaillant et persévérant pianiste David Jalbert. Il s’agit d’un authentique talent de notre pays et, à mon humble avis, un phénomène d’interprétation virtuose offrant des joyaux, en fines audaces perceptibles à celui qui s’avise d’écouter avec présence. Je l’ai écouté tout l’été, partitions en main.






























































