Comment s’est terminé le Festival de Jazz de Montréal 2026 ? Jacqueline van de Geer nous fait vibrer au rythme du grand spectacle final. L’heure est-elle à la mascarade? À lire !
Pour la clôture des grands rendez-vous en salle, le Festival International de Jazz de Montréal s’est transformé, en ce samedi, en un temple de dévotion païenne et de rythmes incantatoires. Le mystérieux collectif suédois Goat y a orchestré une véritable messe psychédélique, confirmant que leur réputation de bêtes de scène n’a rien d’un mythe.
Devant une foule compacte et déjà magnétisée par la première partie locale d’Atsuko Chiba, les musiciens masqués et vêtus de leurs lourdes tuniques rituelles ont pris d’assaut la scène.
Visuellement, le spectacle est un choc esthétique total. L’anonymat rigoureux du groupe, dissimulé sous des masques élaborés et des costumes chatoyants, efface instantanément l’ego des musiciens pour laisser place à une entité collective.
Porté par l’énergie chamanique de ses deux prêtresses au chant, dont les mouvements frénétiques et les invocations chorégraphiées transforment la scène en autel, le groupe insuffle une ferveur quasi mystique.
Cette théâtralité trouve son double parfait dans une musique abrasive et viscérale. Le concert s’est rapidement transformé en un rouleau compresseur rythmique : une fusion d’Afrobeat, de rock dionysiaque des années 70 et de percussions tribales.
Porté par des lignes de basse hypnotiques et des solos de guitare saturés qui ont fait vibrer le plancher du MTELUS du début à la fin, Goat a plongé le public montréalais dans un état de transe collective et de sueur.
Originaire de Korpilombolo, un petit village isolé du nord de la Suède imprégné de traditions vaudoues et de folklore, le collectif Goat a fait irruption sur la scène internationale en 2012 avec leur premier album choc, World Music.
À une époque où l’industrie musicale s’essouffle parfois à surcharger l’ego des artistes, le collectif suédois choisit l’effacement total pour redonner à la musique sa fonction première : celle d’une force brute, collective et cathartique.
Ce passage incendiaire au Festival de Jazz de Montréal aura prouvé que leur formule, loin de s’émousser, gagne en profondeur et en puissance de frappe.
En parvenant à faire vibrer le public du MTELUS dans une même respiration haletante, Goat rappelle que le rock, lorsqu’il est injecté de transe et de sacré, reste l’un des plus puissants vecteurs de communion humaine. On en ressort le corps éreinté, mais l’esprit durablement habité par la flamme de Korpilombolo.






























































