Hier soir, la salle Wilfrid-Pelletier vibrait d’une effervescence toute particulière pour accueillir le retour très attendu de Pink Martini dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal. Véritable machine à bonheur, le célèbre « petit orchestre » de Portland a instantanément transformé la prestigieuse scène de la Place des Arts en un salon de musique mondial, élégant et follement festif dont on ressort le coeur léger et le sourire indélébile.
Le moment de grâce absolue est survenu lorsque la formation a entonné son hymne intemporel, « Je ne veux pas travailler » (Sympathique). Brisant instantanément le quatrième mur, le groupe a invité des spectateurs à les rejoindre sur scène.
Voir ces gens du public, d’abord intimidés puis transportés, chanter à tue-tête et partager le micro dans une communion parfaite avec les musiciens, a résumé à lui seul l’essence même de Pink Martini : une célébration généreuse et profondément humaine où la musique abolit toutes les distances!
Comme si la soirée n’était pas déjà assez mémorable, le public a eu droit à une surprise de taille avec la présence magnétique de Martha Wainwright. Son apparition impromptue a apporté une intensité brute et une magnifique profondeur à l’univers feutré du groupe.
Avec sa voix habitée si singulière, l’icône montréalaise, complice vibrante avec l’orchestre, a littéralement suspendu le temps. Un croisement de styles unique qui a transformé ce rendez-vous du Jazz Fest en un grand moment d’histoire locale.
Pour couronner cette constellation d’invités, la metteuse en scène et activiste Gina Belafonte — fille du légendaire Harry Belafonte — est elle aussi montée sur scène pour prêter sa voix au collectif. Sa présence lumineuse a offert un vibrant hommage à l’héritage musical et humaniste de son père, ancrant le concert dans cette tradition de métissage qui est l’ADN même du Jazz Fest et de Pink Martini.
En somme, ce passage marquant au Festival International de Jazz de Montréal 2026 aura été tout à l’honneur de Pink Martini qui n’en finit plus de nous surprendre. Conçu autour du répertoire de leur grande tournée trentenaire, le spectacle a entrelacé leurs classiques incontournables comme Amado Mio, Una Notte a Napoli ou l’indétrônable Sympathique, avec leurs toutes nouvelles explorations collaboratives.
Le public a ainsi pu vibrer au son des pièces de leur EP de 2025, Bella ciao, ainsi qu’aux extraits de leur tout récent opus de 2026 enregistré avec la mythique chanteuse iranienne Googoosh.
Portée par une palette exceptionnelle de voix invitées — l’énergie brute de Storm Large, la polyvalence d‘Ari Shapiro et la ferveur d’Edna Vazquez —, cette grand-messe musicale a transcendé les genres. Entre big-band jazz, rythmes latins, cabaret rétro et rigueur classique, Pink Martini a livré bien un concert en véritable communion humaine et transculturelle, rappelant à chaque spectateur pourquoi ce petit orchestre de Portland continue, après trois décennies, de faire danser et chavirer la planète!
Photos : Victor Diaz Lamich – voir les photos.
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