Fleurs d’acier – Théâtre Rougemont. Mettons la table en parlant de la région et du lieu on ne peut plus bucolique du théâtre à Rougemont, de l’excellent accueil souriant, du stationnement à la billetterie, en passant par le bar et le maître des lieux, Jean-Bernard Hébert, qui vous remercie chaleureusement de les encourager. Fondé en 1985 par le comédien et metteur en scène lui-même, le Théâtre de Rougemont, en Montérégie, s’impose comme une institution incontournable du théâtre d’été et du théâtre privé au Québec.
Fleurs d’acier a été écrite en 1987 par l’Américain Robert Harling et s’inspire d’un drame personnel lié au décès de sa sœur. Créée off-Broadway, l’œuvre a connu un succès mondial, a été traduite en 17 langues (notamment par Michel Tremblay au Québec) et adaptée au cinéma en 1989, mettant en vedette Sally Field, Julia Roberts, Shirley MacLaine et Dolly Parton.
En 2001, le Théâtre Duceppe présentait une production avec des comédiennes d’exception comme Béatrice Picard et Suzanne Clément. Au Théâtre Rougemont, c’est un bonheur de retrouver les excellentes Louise Deschâtelets, Nathalie Mallette, Josée Beaulieu, Flavie Bourgeois, Louise Cardinal et Myriam Poirier dans une mise en scène d’Alain Zouvi.
Maintenant, la pièce : elle raconte l’histoire de six femmes qui partagent leurs joies, leurs drames et un lien d’amitié indéfectible au sein d’un salon de coiffure local, en 1987.
L’histoire débute lentement, très lentement, par du papotage de salon de coiffure. D’ailleurs, en France, on lui a donné le titre de « Potins de femmes », ce qui n’aurait jamais passé chez nous. Pendant cette longue première partie, je me suis demandé si le sujet avait mal vieilli, tellement on attend le premier rire et un peu de viande autour de l’os, et si Fleurs d’acier reflétait ce qu’il restait des « théâtres d’été » au Québec.
À mon souvenir, à l’époque où il y en avait des centaines, on nous offrait des sujets au premier degré et l’on sollicitait les rires par beaucoup de cabotinage. Ce n’est certainement pas le cas ici.
Nous assistons quand même à un classique qui prend son envol en 2e partie. Le rythme s’accélère et le public s’amuse. Une des scènes les plus drôles est lorsque notre Deschâtelets nationale et ses consœurs comédiennes se laissent aller à danser sur « Girls Just Wanna Have Fun » de Cyndi Lauper. Le niveau de jeu est élevé. Elles sont toutes remarquables.

Ce qu’on peut retenir de ce que le public reçoit au bout de deux heures de spectacle, c’est la bienveillance et la générosité qui caractérisent le lien entre ces femmes. Qualités qui nous semblent faire un peu défaut de nos jours.
Jean-Bernard Hébert a demandé aux spectateurs, avant la représentation, s’ils préféraient que ça débute à 20 h plutôt qu’à 20 h 30 pour la saison prochaine. 90 % d’entre eux ont répondu par l’affirmative. Mais il y a une raison à l’heure tardive des représentations : on offre des forfaits souper-spectacle.
Toutefois, convoquer le public à 20 h 30 alors que la pièce se termine 2 h 20 plus tard, incluant l’entracte, n’attire pas le grand public en général, à mon humble avis. Mais de se retrouver devant ces femmes de grand talent et la balade dans la région en valent le déplacement.
Photos : Guillaume Belhumeur
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