Après l’avoir présenté l’hiver dernier à l’Agora de la danse, la chorégraphe Andrea Peña est de retour à Montréal avec Replica, à l’affiche jusqu’au 19 septembre. Le spectacle ouvre la saison de l’Usine C et clôt le Festival Quartiers Danses. Nourrie à la fois par la nature et par la technologie, l’œuvre fait se croiser figures mythiques et visages numériques. Le résultat est brut, sensible et surtout hypnotique.
Sur scène, les excellents danseurs Frédérique Rodier et James Phillips interrogent l’histoire de la réplique et la manière dont le corps a été représenté au fil du temps. Sous nos yeux, des archétypes se transforment : les corps des interprètes deviennent des œuvres sculpturales en perpétuelle mutation, tantôt en solo, tantôt en relation l’un avec l’autre.
Le plateau se change alors en véritable axis mundi, un Jardin d’Éden queer où les normes de genre s’effacent. Frédérique soulève sans effort le corps de son partenaire à de nombreuses reprises, et les deux danseurs finissent par se fondre en une seule et même sculpture au fil d’une série de duos spectaculaires.

Ils évoluent dans un décor simple, mais percutant : une grande échelle, une chaîne suspendue au plafond et une bande lumineuse disposée en diagonale. Au centre de la scène, une longue table supporte une fine bande de gazon naturel, sous laquelle s’étale de la terre. Le fond de scène, lui, est habillé d’un rideau de plastique, et le contraste entre le vivant et l’artificiel est ainsi posé dès le premier regard.
L’atmosphère sonore prolonge cette dualité en mêlant des sons numériques à des chants d’oiseaux électrifiés. Jonathan Saucier y tient le rôle du jardinier : il arrose les plantes et fournit aux danseurs des jerricans d’eau, qui serviront ensuite à créer une surface glissante pour des glissades spectaculaires. Les éléments naturels, l’eau et la terre, s’invitent ainsi au cœur de la chorégraphie.
La conception des lumières d’Hugo Dalphond amplifie chaque métamorphose, créant un écrin visuel à la fois brut et magnétique. Ce passage à travers l’eau et la terre transforme l’épuisement hautement athlétique des danseurs en un jeu organique. J’ai ressenti une profonde résonance émotionnelle au cours de cette heure où nous avons été emportés dans un tourbillon de mouvement pur et d’énergie brute !
Andrea Peña
Chorégraphe multidisciplinaire et directrice artistique d’Andrea Peña & Artists, elle est reconnue pour son exploration unique des limites du corps, de l’identité et de notre relation au monde, à la fois numérique et physique. Elle crée des univers immersifs et novateurs où la chorégraphie se fond avec les arts visuels et l’architecture. Son travail est salué à l’international pour son esthétique profonde et sa réflexion incisive sur la société contemporaine.
Cette expérience chorégraphique oscille entre performance, peinture et sculpture. À vous d’en juger !
Replica : représentations du 17 au 19 septembre 2026 à 19 h, à l’Usine C.
































































