Le Théâtre du Nouveau Monde accueille du 13 au 30 août 2026 le chef-d’œuvre solo de Robert Lepage, 887, une œuvre magistrale dont il signe le texte, la mise en scène et l’interprétation.
Fruit d’une vision scénique singulière portée avec Steve Blanchet à la conception et à la direction de création, ainsi que Peder Bjurman à la dramaturgie, le spectacle investit les planches montréalaises pour une série de représentations exceptionnelles.
Créé en première mondiale à Toronto en juillet 2015 dans le cadre du Festival des Arts et de la Culture des Jeux Panaméricains, 887 a depuis entrepris une tournée internationale couronnée de succès, triomphant dans des dizaines de villes à travers le monde. Plus de dix ans après sa création, la pièce demeure d’une pertinence frappante et continue de marquer les esprits par sa virtuosité scénographique et sa profondeur thématique.
Proposant un aller-retour captivant entre la mémoire intime du créateur et l’histoire collective du Québec, 887 offre au public du TNM une occasion privilégiée d’immerger dans l’univers poétique et technologique de l’un des plus grands maîtres de la scène contemporaine.
Une incursion dans les méandres du souvenir
En prenant sa source dans les souvenirs d’enfance du metteur en scène 887, ouvre une réflexion globale sur le fonctionnement de notre esprit. La pièce interroge les mécanismes mystérieux de la mémoire : pourquoi conserve-t-on le numéro de téléphone de notre jeunesse tout en oubliant l’actuel ? Comment une simple ritournelle d’enfance traverse-t-elle les décennies alors que le nom d’un être cher s’échappe ? Pourquoi le futile persiste-t-il au détriment de l’utile ?
En explorant son passé, Robert Lepage montre comment le souvenir individuel résonne dans la mémoire collective. Ce travail de réminiscence personnelle l’a entraîné malgré lui au cœur des luttes de classe et de la crise identitaire du Québec des années 1960. 887 ne se veut pas le manifeste d’un adulte engagé, mais plutôt une plongée dans le regard d’un préadolescent, là où le politique et le poétique s’entremêlent. C’est une tentative de traverser la petite histoire pour mieux appréhender la grande.
Entre commémoration, oubli et ère numérique
Au-delà de la sphère intime, le spectacle s’attarde aux manifestations publiques de la mémoire : le nom des rues, les monuments et les parcs qui composent notre patrimoine quotidien, devenus presque invisibles à force d’habitude.
La pièce aborde également le pendant indissociable du souvenir : l’oubli et l’inconscient. À une époque où les limites de notre mémoire biologique sont palliées par le stockage numérique, les mémoires virtuelles et les montagnes de données (data), 887 questionne le rôle et la pertinence du théâtre. Que signifie aujourd’hui monter sur scène pour pratiquer un art fondé sur l’exercice vivant de la mémorisation ?
Retour sur l’oeuvre de Robert Lepage
Saluées par la critique internationale, les œuvres de Robert Lepage, originales, contemporaines et insolites, inspirées par l’histoire récente, transcendent les frontières et bouleversent les standards en matière d’écriture scénique, notamment par l’utilisation novatrice des nouvelles technologies.
Parmi ses réalisations les plus marquantes, mentionnons au théâtre Les sept branches de la rivière Ota et La trilogie des dragons ; ses solos La face cachée de la lune et 887 ; l’opéra La damnation de Faust et le cycle Der Ring des Nibelungen de Wagner ; ses œuvres multimédias Le moulin à images et La bibliothèque, la nuit ; les spectacles The Secret World Tour et The Growing Up Tour de Peter Gabriel ; ainsi que les productions KÀ et TOTEM créées pour le Cirque du Soleil.
Photo : Erick Labbé






























































