Je ne sais quels furent les Anges inspirés qui chuchotèrent à l’oreille de Marianne Perron (cheffe de la direction artistique) d’offrir ces colossales 70 minutes du Ring sans paroles condensant les moments orchestraux marquants de la grande tétralogie de Richard Wagner! Mais combien il faut remercier ces génies inspirateurs de ce succès du 27 mai fut foudroyant!
Si la béatification orchestrale existait, on sait quel ensemble la mériterait au premier chef en ces temps cataclysmiques où ceux se pensant invulnérables potentats demi-dieux germaniques (ou autres), depuis 80 ans, vacillent enfin déchus du trône de leur jadis indiscutable hégémonie assassine.
L’anneau d’or des filles du Rhin
Ça prend toujours des femmes pour sauver le monde de ses impasses. Le cycle Wagner que la direction de l’OSM (Mélanie La Couture) nous a annoncé en primeur, avant même de le révéler aux musiciens, tout cela narré avec sa bonne humeur habituelle débutera avec le Rheingold .
Ce fut une pluie d’or et de diamants qui aura couronné l’interprétation de ce Ring condensé, par absolument tous les pupitres de l’orchestre dont les vents -bois et cuivres- et percussions, un synthétique grand sommet musical wagnérien au terme de la saison 2025-2026. Ce moment survient après bien des ascensions réussies d’autres Everest décrits généreusement dans nos pages.

Un Concerto de Schumann
Le virtuose Yefim Bronfmann était au piano, en première partie: avec passion et courage pour livrer un solide Concerto en la majeur de Schumann, oeuvre qu’il connaît et livre avec aisance et fluidité.
Le public, informé de cette 45ième apparition avec l’OSM, lui a demandé un rappel et une grande Étude de Liszt (la deuxième d’après Paganini) toute en légèreté fut esquissée avec une incontestable maîtrise, elle aussi.
Toute la jeunesse pianistique joue ces études de Liszt de nos jours, au moins à l’égal de la version sur Phillips cristallisée par le grand Claudio Arrau, tout comme notre souvenance du Concerto de Schumann avec Martin Helmchen et Nagano -il y a déjà trop longtemps- reste absolument insurpassée au palmarès de notre mémoire incapable d’aucune amnésie.
Premiers récitals au Concours de violon
Un bref mot après les neuf premiers des 24 récitals prévus de 30 minutes, requête compétitive que chacun des concurrents du CMIM remplira, en préliminaires, de cette année tout violon.
Je ne me suis pas fait prier bien longtemps pour acclamer de bravos plus que mérités la performance éblouissante que j’ai estimée sans égale possible, à mon humble avis un tantinet informé de ce qui est si phénoménalement audible chez un(e) jeune violoniste, je dirais même humainement possible et surhumainement accompli au tout premier après-midi de notre cher Concours.
Le Chinois Shaoheng Zhong
Le jeune virtuose chinois de 17 ans, Shaoheng Zhong un nom à ne pas soublier, a récité cette rarissime ardue Partita pour violon seul en si mineur de Bach BWV 1002 plus éloquemment que même imaginable. Je porte tout de suite ce talent auprès des grands Kagan, David Oistrakh père, Perlman, Ehnes, Repin jeune et Grumiaux au concours honorifique duquel il a récemment raflé un premier prix.
Autant que chacun d’eux le puisse -ou ne le pourrait jamais à tout âge- il nous émerveilla en allant du même enchantement offrir ce premier mouvement de la Septième sonate en do mineur de Beethoven qu’il glorifia de ses riches nuances sonores, celles de son archet et violon auprès de son accompagnateur local.
Aussi spectaculaire, un Thème original varié de Wieniawski à émerveiller les plus exigeants mélomanes du milieu très sélect des juges.
Doigts croisés
Espérons que le hasard mystérieux des notations toujours irrévélées du Concours nous permettront de l’entendre ce prodige chinois, encore au prochain stade de récital et jusqu’en ultime finale pour le Concerto en ré majeur de Brahms (et la veille le premier des cinq concertos de Mozart) qu’il se propose de nous offrir en compagnie de l’OSM les 3 et 4 juin .
Les récitals se poursuivent et ont teneur à 13h30 et 19h30, à la salle Bourgie du Musée des Beaux-Arts, durant les deux premières rondes jusqu’à la fin mai. Puis 5 musiciens, très chanceux, joueront avec l »OSM à la Maison Symphonique les 3 et 4 juin à 19h-19h30 après quelques discours d’accueil.
OSM
Rafael Payare, chef d’orchestre
Yefim Bronfman, piano
Œuvres
Robert Schumann, Concerto pour piano, op. 54 (31 min)
Entracte (20 min)
Richard Wagner, Le Ring sans paroles (70 min)
Photos : Gabriel Fournier






























































