Hier soir, à la Cinquième Salle de la Place des Arts, la première de Sans quoi nous crèverons a agi comme un défibrillateur sur une salle comble et électrisée. Virginie Brunelle chorégraphie et dissèque notre époque avec une lucidité féroce et une tendresse désespérée.
Le résultat ? Une ovation debout de quatre minutes méritée pour une œuvre qui brasse la cage et réchauffe l’âme.

Du violon au mouvement : une partition charnelle
Pour comprendre la puissance de cette pièce, il faut remonter aux racines de la créatrice. C’est d’abord par le spectre de la musique que Virginie Brunelle a découvert sa fibre artistique. Après avoir consacré son enfance au violon, elle a su transférer ce savoir musical et sa maîtrise innée du rythme dans sa formation en danse.
Cette rigueur se ressent dans chaque seconde de Sans quoi nous crèverons. La chorégraphie est construite comme une partition complexe où le corps devient l’instrument ultime.
Un cri viscéral face au chaos
Dans un monde en hypertension, Brunelle déploie une gestuelle d’une précision chirurgicale. Les cinq interprètes, Sophie Breton, Alexandre Carlos, Yelda del Carmen, José Flores et Émile de Vasconcelos-Taillefer, incarnent une entité collective organique qui lutte, s’effondre et se relève dans un élan de solidarité bouleversant. Des tableaux dynamiques où la tension musculaire est palpable.
Ce qui frappe, c’est la connexion quasi télépathique entre les danseur·euse·s. Chaque souffle, chaque frémissement musculaire semble répondre à celui du voisin. Cette complicité transforme la scène en un espace de résistance. On ne regarde pas seulement de la danse, on assiste à un combat pour l’amour.

Pourquoi il faut absolument y aller
Après Fables, Virginie Brunelle confirme avec Sans quoi nous crèverons son statut de témoin lucide de notre humanité fracturée. Elle signe ici une œuvre impérieuse, une invitation viscérale à vivre pleinement avant que le monde ne s’effrite.
Il était magnifique de voir une salle bondée de jeunes spectateurs, transportés par cette proposition qui, loin des discours moroses, choisit l’union comme contrepoids salvateur.
À ne pas manquer ! Le spectacle est présenté à la Place des Arts jusqu’au 18 avril 2026. Courez-y, c’est une dose pure d’adrénaline et d’espoir.
Photos : David Wong





























































