Le Côte-St-Luc Dramatic Society présente jusqu’au 14 juin le grand classique « The Sound of Music ». Différente par moments du célèbre film, cette version conserve néanmoins tout le charme de l’œuvre et ses chansons emblématiques que l’on fredonne encore aujourd’hui. Avec une distribution aux solides qualités vocales et plusieurs performances scéniques marquantes, le CSLDS livre un spectacle qui saura séduire autant les petits que les grands.
Dans l’Autriche des années 1930, Maria, une jeune novice est envoyée comme gouvernante auprès des sept enfants du capitaine von Trapp, un veuf strict et discipliné. Grâce à la musique et à sa joie de vivre, elle transforme peu à peu la dynamique de la famille et se rapproche du capitaine. Mais alors que la menace nazie grandit, la famille devra faire un choix qui changera son destin.
La Troupe de Théâtre de Côte-St-Luc, plusieurs fois récompensée aux META (catégorie communautaire), est reconnue pour la qualité de ses productions. Pour «The Sound of Music», deux distributions complètes — Kittens et Roses — alternent les représentations, ce qui explique l’importante distribution sur scène. J’ai pour ma part assisté à la représentation des Kittens.
Le spectacle est présenté de façon originale, les acteurs évoluant à la fois au centre du public et sur scène, créant une mise en scène plus intime. Ce choix porte ses fruits, plusieurs scènes gagnant en émotion grâce à cette proximité. La mise en scène d’Anisa Cameron nous plonge dans cet univers au contexte délicat avec finesse, réussissant autant à impressionner par l’ampleur de la distribution qu’à émouvoir à plusieurs reprises.
Natalie Demmon brille dans le rôle central de Maria. Dotée d’une voix limpide et juste, au vibrato élégant et parfois presque lyrique, elle impressionne tout au long de ses nombreux numéros musicaux. À l’aise autant dans les nuances que dans une large étendue vocale, des graves riches aux aigus éclatants, notamment dans «The Lonely Goath». Elle incarne une Maria attachante, déterminée et tout à fait crédible.
Le capitaine Von Trapp, joué par Matthew McKeown, propose un début de performance inégal lorsqu’il campe l’autorité stricte des premières scènes. Il gagne toutefois en justesse à mesure que son personnage s’adoucit et s’ouvre à Maria, rendant leur relation très crédible. C’est surtout dans les numéros musicaux qu’il s’impose, avec une voix pleine de caractère qui s’harmonise magnifiquement à celle de Maria, notamment dans « The Sound of Music » et « Something Good », deux duos portés par une belle alchimie vocale qui m’ont donné des frissons dans le dos.

Sophie Eiser, dans le rôle de l’aînée des enfants, Liesl, se révèle être un talent naturel, dotée d’une voix expressive et d’un joli vibrato. En duo avec Benjamin Fayer, qui incarne Rolf, elle livre une belle interprétation de « Sixteen Going on Seventeen ».
Les six autres enfants (voir la distribution ci-bas) forment un ensemble attachant et agréable à entendre chanter. Il est rafraîchissant de voir des jeunes interprètes qui paraissent réellement de leur âge sur scène. Malgré leur jeunesse, ils font preuve d’un bel aplomb, enchaînant chorégraphies et chant avec une aisance remarquable. Leur «Do Re Mi» est tout simplement magique, tandis que «So Long, Farewell» réserve quelques surprises, notamment lorsque Charlotte Charlie Wylie (Friedrich) atteint une note aiguë d’une grande justesse.
Tiana Malone, dans le rôle de Mother Abbess, marque les esprits grâce à une voix puissante, maîtrisée et empreinte d’autorité. Elle se distingue particulièrement dans «Climb Ev’ry Mountain», dont l’interprétation inspirante a suscité de chaleureux applaudissements.
John Kovac s’amuse visiblement dans le rôle de Max, un ami du capitaine, et son jeu exubérant ainsi que son expressivité apportent plusieurs moments divertissants. À ses côtés, Lanisa Dawn campe Elsa, une riche aristocrate bien décidée à conquérir le cœur du capitaine. Ensemble, ils interprètent deux chansons absentes du film, offrant au public le plaisir de découvrir des numéros moins connus, dont la savoureuse «How Can Love Survive».
Les sœurs livrent une solide performance vocale lorsqu’elles chantent ensemble, particulièrement dans «How Do You Solve a Problem Like Maria» au second acte, enchaîné avec un «Alleluia» bien soutenu. C’est d’ailleurs en formation chorale que leurs voix prennent toute leur ampleur. À noter également Karyn Pellatt-Caron dans le rôle de la gouvernante Fraulein Schmidt, qui réussit à rendre ce personnage secondaire particulièrement savoureux grâce à un jeu teinté d’humour.

Tout au long du spectacle, les chorégraphies, simples mais efficaces, ajoutent une touche visuelle agréable qui soutient bien l’ensemble de la production.
On sent un soin particulier apporté aux costumes, qui proposent plusieurs belles trouvailles visuelles. Les décors, volontairement épurés, permettent des changements de scène rapides et efficaces, sans alourdir le rythme du spectacle.
L’orchestre est irréprochable, offrant une balance harmonieuse avec les chanteurs tout au long du spectacle. On apprécie d’autant plus la richesse des sonorités acoustiques, sans recours à l’électronique, qui apporte une authenticité bienvenue à l’ensemble.
Cette production de «The Sound of Music» a beaucoup à offrir, notamment de solides talents vocaux dans les rôles principaux. La Troupe de Côte-St-Luc signe encore une fois un beau succès familial, capable de séduire autant les petits que les grands. Si vous souhaitez y aller, mieux vaut réserver rapidement : les billets s’envolent vite.
Les bons coups: Interprètes principaux, mise en scène, orchestre, spectacle familial
Les moins bons coups: jeu inégal
Équipe de création
Production: Andee Shuster, Mitchell Kujavsky, Mitchell Brownstein
Livret: Howard Lindsay, Russel Crouse
Musique: Richard Rodgers
Paroles: Oscar Hammerstein II
Mise en scène: Anisa Cameron
Direction musicale/Arrangements: Rich Coburn
Chorégraphie: Anisa Cameron, Genevieve Pertugia
Décors: Chris Taylor
Éclairages: Linda Babins
Costumes: Kari Valmestad
Sonorisation: Rob Denton
Distribution des Kittens
Natalie Demmon (Maria), Matthew Mckeown (Captain Von Trapp), Tiana Malone (Mother Abbess), Sophie Eiser (Liesl), Charlotte (Charlie) Wylie (Freidrich), Alexandra Urovitch (Louisa), Casper Nevile (Kurt), Eva May Surridge (Brigitta), Emma Rose Morel (Marta), Gail Provost-Kiser (Gretl), John Kovac (Max), Bryan Libero, Lanisa Dawn (Elsa), Benjamin Fayer (Rolf), Kaitlyn Caron, Linnea O’Neil, Lucia Carpineta, Joelle Nadler, Maria Inés Zylber, Ashton Thorne, Claire Lambert, Sage Sendel, Elizabeth Guetter, Heather Higgins, Andee Shuster, Alice Shuang Wu, Karyn Pellatt-Caron, Matthew Crandall, Bryan Libero, Raymond Yust, Mitch Kujavsky, Stevie Laxer, Melody Marrone.
Distribution des Roses
Alana Cosgrove (Maria), James Dundass (Captain Von Trapp), Angela Marino (Mother Abbess), Jasmine Stein Webb (Liesl), Melody Grant (Freidrich), Leah Fima (Louisa), Ben Schmilovich (Kurt), Alissia Bocarro (Brigitta), Claudine Laliberté (Marta), Beatrix Berlim (Gretl), Mitchell Brownstein (Max), Renee Hodgins (Elsa Schrader), Benet Fraderabrunet (Rolf Gruber), Danielle Buch, William Dundass, Ella Pariente, Norlon Dann, Elaelle Cole, Maya Schmidt, Maria Lederer, Stephanie McKenna, Bailey Cohen-Krichevsky, Marie Alexiou, Genevieve Pertugia, Shaun Nishmas, Tom Zalatni, Talib Hussain, Danna Nishmas, Emi Martinez-Zalce, Tali Warshasky, Celia Saez Marino.
Orchestre
Rich Coburn, Nicholas Gallant, Ariana Douglas, Noah Century, Nicholas Baddeley, Meiling Fong, Matthew Souaid.
Harold Greenspon Auditorium (5801 Boul Cavendish, Côte Saint-Luc)
Présenté en anglais du 28 mai au 14 juin 2026 (19h30 ou 13h30).
Billets en vente (43$/35$ étudiant/âge d’or/QDF) au https://cur8.com/25798/project/138051
Durée: 2h40 avec intermission
WEB: https://www.csldramaticsociety.com
Photos: Côte-St-Luc Drama Society































































