Après avoir publié en 2024, Presse-jus, Valérie Chevalier et Matthieu Simard récidivent avec Épluche-cœur, la suite de l’histoire d’amour entre Pauline et Hugo, qui passent de l’échange épistolaire aux rencontres réelles, aux discussions de vive voix, mais aussi, aux textos et courriels. Un roman à quatre mains, rempli d’humour qui fait bouillonner les cœurs.
Résumé : Après avoir échangé des lettres par la poste pendant un an, Pauline et Hugo se rencontrent enfin pour la première fois. Les échanges épistolaires laissent subitement place aux rires, aux ellipses enflammées et aux discussions de vive voix, mais aussi aux textos, aux courriels… et aux malentendus. Si, Pauline, elle est prête à sauter à pieds joints dans cette nouvelle histoire, Hugo avance avec retenue, freiné par les cicatrices de ses anciennes amours et un lourd passé familial. Entre leurs routines bien différentes, leurs insécurités et les aléas de quotidien, ils devront revoir leurs attentes et apprendre non seulement à se parler, mais aussi à s’écouter. Leur couple sera-t-il assez solide pour s’enraciner ?
Bien que ce soit la suite de Presse-Jus, il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier pour apprécier ce deuxième roman. C’est justement ce que nous disent les auteurs en première page, alors qu’ils nous résument les éléments principaux du premier volume.
J’avais hâte de lire ce deuxième tome, car dans le premier, la table avait été mise pendant un an de lettres et 200 pages de lecture, pour qu’enfin se rencontrent ces deux personnages qui se sont attachés un à l’autre au fil du temps. Le premier livre se terminait juste au moment de se rencontrer enfin!
J’avais tellement hâte de retrouver l’humour rafraichissant de Matthieu Simard et la prose poétique de Valérie Chevalier. Et bien sûr, au fil des pages, j’avais vu Pauline et Hugo s’apprivoiser et j’espérais tellement une rencontre heureuse pour eux.
Je n’ai assurément pas été déçu de retrouver la plume de deux de mes auteurs favoris. Par contre, je n’ai pas retrouvé la magie des lettres à distance avec la découverte de l’autre, les confidences, l’anticipation d’une rencontre, bien que Pauline et Hugo ont continué à s’écrire par épisode, en texto et en courriel.
Ce que j’ai aimé par contre, c’est d’être au cœur des réflexions de Pauline et Hugo, en temps réel. Les réflexions d’Hugo sont en italiques dans le texte, pour ne pas mélanger les réflexions de Pauline qui ne le sont pas. Par contre, cela m’a pris un certain temps à comprendre ce procédé, car les dialogues eux entrecoupent ces réflexions. Mais une fois bien compris, j’ai adhéré à cette belle proposition.
À nouveau, j’ai adoré l’humour de Matthieu Simard « Let’s go Marketplace, cet endroit infernal où se côtoient les gens qui veulent négocier le prix d’une banane usagée, les gens qui, tel Houdini, disparaissent miraculeusement au mauvais moment; les gens qui répandent à qui mieux mieux les «Cet article est-il disponible ?; et les gens qui veulent qu’on leur livre à l’autre bout du monde une base de lit king dans notre Toyota Yaris. »
Et je retrouve la belle prose amoureuse de Valérie Chevalier qui fait bouillonner nos coeurs « Sa blague est si nounoune que mon rire n’est rien d’autre qu’une déclaration d’amour. La tête qu’il avait en la racontant… un gamin fier de son coup. Il me regarde sans savoir s’il doit être encouragé ou insulté par ma réaction. Mon beau Hugo. Mon adorable tannant de trente-huit ans. Sa façon de croire en lui là où il n’excelle pas et de tout ignorer de ses qualités là où il a du talent le rend particulièrement attendrissant.»
J’ai aussi bien aimé tous les malaises, les malentendus, les faux pas, les pieds dans la bouche, des deux personnages qui tentent de ne pas décevoir l’autre, de ne pas montrer trop leurs défauts, de se mettre en valeur, en trichant un peu ici et là sur la vérité, sur leurs réelles pensées, pour ne pas faire fuir l’autre trop vite. Naturellement, tout cela n’aidera en rien leur relation qui va patauger dans la boue de l’incompréhension, des non-dits, des questionnements, des mauvais pressentiments.
Il y a aussi Noah, le fils d’Hugo, en garde partagée une semaine sur deux, qui vient complexifier la relation, de même que les horaires de travail de Pauline, de nuit, plusieurs jours de suite, à l’occasion, qui viennent donner du fil à retordre à leur couple. Bref, ce roman m’a bien plu, pour toutes ces raisons, mais sans divulgâcher quoi que ce soit, disons que je trouve dommage que le lecteur n’ait pas été témoin d’une rencontre tant attendu qui a dû se passer entre juin et novembre. J’en suis restée sur ma faim.
Animatrice, chroniqueuse, comédienne et écrivaine, Valérie Chevalier est une personnalité connue et aimée au Québec. Elle a publié chez Hurtubise neuf romans à l’écriture fine et la narration dynamique, dont le plus récent, Antoinette (2025). On se souvient également de : Tu peux toujours courir (2015, 2022), La théorie du drap contour (2016, 2023), Les petites tempêtes (2017), Tu peux toujours rester (2019, 2022), Le vacarme des possibles (2021), Rose des vents (2023) et Les certitudes vagabondes (2024). Tous ont été acclamés par le public et la critique; cinq ont d’ailleurs fait l’objet d’une réédition au format poche.
Matthieu Simard est un écrivain et scénariste reconnu. On lui doit, entre autres, le film adapté de son livre à succès Ça sent la coupe et porté au cinéma par Patrice Sauvé. Matthieu Simard est également l’auteur de plusieurs romans pour les adolescents et les adultes, dont La tendresse attendra, Ici, Ailleurs, et ensuite le second roman Les écrivements pour lequel il a remporté le Prix littéraire France-Québec en 2019.
Date de parution : 24 septembre 2026
Nombre de pages : 240 pages
Prix : 24.95$
Éditions Hurtubise : https://editionshurtubise.com/
Voici mon appréciation du premier tome : Presse-jus
Mon appréciation de leurs romans précédents :
Valérie Chevalier : https://lesartsze.com/tu-peux-toujours-rester-de-valerie-chevalier-quel-beau-cadeau-pour-ses-lecteurs/
https://lesartsze.com/les-certitudes-vagabondes-exploration-relations-amoureuses/
https://lesartsze.com/le-vacarme-des-possibles-une-autofiction-entre-poesie-et-recit-romanesque/
Matthieu Simard : https://lesartsze.com/une-fille-pas-trop-poussiereuse-humoristique-original-et-dejante/
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)





























































