Onze ans de diversité vibrante sur la scène montréalaise méritaient un écrin à la hauteur de leur audace. C’est précisément ce que j’ai trouvé au Grand Concert, l’événement-phare de la 11e édition du Festival Stella Musica, qui a embrasé la Cinquième Salle de la Place des Arts le mercredi 28 octobre.
Dès les premiers instants, j’ai été happée par cette grande fête interdisciplinaire, orchestrée par la fondatrice et directrice artistique du festival, la pianiste canado-polonaise Katarzyna Musiał. Non seulement elle a envoûté la salle au grand piano avec une virtuosité saisissante, mais elle m’a aussi étonnée en se joignant à la danse flamenca, avec un feu communicatif, aux côtés des musiciens de Fuego Flamenco.
La salle était comble, et le public, de tous âges et paré de ses plus beaux atours, vibrait à l’unisson. La maîtresse de cérémonie, Geneviève Roy, a mené la soirée avec aisance et un charme irrésistible. Depuis onze ans, le festival s’est donné pour mission de promouvoir la contribution des femmes en musique, en créant un espace de dialogue où se croisent artistes confirmées et talents émergents. Ce concert d’ouverture en a fait une belle démonstration, en repoussant les limites du format traditionnel pour marier avec fluidité la musique, la danse et les arts visuels.

Et la formule s’est révélée d’une grande générosité. J’ai été profondément émue par la puissance vocale de la soprano primée Karoline Podolak, qui nous a transportés au cœur de l’art lyrique avec des extraits de La Bohème, avant de nous faire basculer dans la féerie de la comédie musicale avec « I Could Have Danced All Night ». Rachele Buriassi, première danseuse des Grands Ballets Canadiens, a offert un solo bouleversant de La Mort du cygne, le souffle suspendu, tandis que la jeune prodige du krump Adeline Kerry Cruz y a opposé une force brute et tellurique. Porté par la finesse du Quatuor Osmium et par les créations visuelles de l’artiste Dali Wu, qui peignait l’espace en direct, ce voyage sensoriel m’a entièrement conquise.
La soirée s’est conclue sur une finale flamboyante autour de Carmen, couronnée par un tableau de danse classique qui a soulevé la foule. Une longue ovation debout, unanime et chaleureuse, a salué cette troupe d’exception. J’en suis ressortie nourrie, habitée par la ferveur et la beauté de ces rencontres artistiques.
Ce grand soir n’était qu’un avant-goût d’une programmation qui se poursuit jusqu’au 6 décembre 2026. Voici les prochains rendez-vous à ne pas manquer :
Explorations musicales (jeudi 5 novembre 2026, 19 h, Galerie d’art Émergence) : une incursion intime dans les langages musicaux d’ici et d’ailleurs, avec les chants de gorge traditionnels et le tambour à main de Nina Segalowitz, artiste d’ascendance inuvialuit et chipewyan originaire de Fort Smith (Territoires du Nord-Ouest), ainsi que l’univers singulier de l’artiste multidisciplinaire LiKouri, dont la démarche jette un pont entre la Chine et ses racines libanaises.
Étoiles montantes (dimanche 6 décembre 2026, 15 h, Pianos Bolduc) : un concert de clôture placé sous le signe de la jeunesse et de la transmission entre générations, qui fera découvrir de jeunes talents prometteurs, dont une lauréate du Concours de musique du Canada.
Sous la direction inspirée de Katarzyna Musiał, le Festival Stella Musica m’a rappelé pourquoi la diversité des voix et des corps, lorsqu’elle est mise en lumière avec autant de panache, demeure l’essence même de la vitalité culturelle montréalaise. J’ai hâte de voir la suite !
Photos : Agnieszka Stalkoper.

























![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)




















