C
élébrer trois décennies d’un chef-d’œuvre intemporel réclame un écrin à la hauteur de son mystère. C’est précisément ce qu’a trouvé Loreena McKennitt à la Maison symphonique, le 27 octobre, devant une salle comble et entièrement acquise à sa cause. Et j’y étais, corps et âme.
De retour au Québec pour souligner les 30 ans de son album emblématique The Mask and Mirror, elle a évoqué l’attachement particulier qui la lie au public d’ici, et je me suis sentie personnellement concernée. Cette tournée anniversaire m’a offert l’occasion de redécouvrir un disque salué pour sa « fertilisation croisée », qui jette des ponts entre les traditions celtiques, espagnoles et marocaines. Dès les premières notes, une évidence s’est imposée à moi : sa voix a gardé exactement la même pureté et la même justesse qu’il y a trente ans.
Loreena McKennitt : une renommée qui n’est plus à faire
Il faut dire que la musicienne originaire de Morden, au Manitoba, n’a rien perdu de ce qui a fait sa renommée. Sa musique « celtique éclectique » a fait le tour du monde : plus de 14 millions d’albums vendus, deux prix Juno, deux nominations aux GRAMMY et, plus récemment, une entrée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens, en 2023, puis au Panthéon de la musique canadienne, en 2025. Pourtant, ce soir-là, ce n’est pas la vedette consacrée que j’ai vue sur scène, mais une conteuse heureuse de retrouver son monde.
La première partie m’a happée dès Samain Night, suivie d’un enchaînement mémorable : All Souls Night, Bonny Portmore, The Gates of Istanbul, Ages Past, Ages Hence, Penelope’s Song, Marco Polo, Spanish Guitars and Night Plazas, The Lady of Shalott et The Old Ways.
Sa voix a gardé exactement la même pureté et la même justesse qu’il y a trente ans.
Portée par cette voix cristalline, une véritable communion s’est installée entre la scène et la salle. Entre les chansons, Loreena m’a fait sourire, puis rire aux éclats, avec ses anecdotes de voyage, dont ses souvenirs épiques du train entre Vladivostok et Moscou. Mais mon coup de cœur reste l’histoire de sa toute première Honda Civic : la voiture était si petite qu’elle a dû choisir une harpe miniature, simplement pour pouvoir la transporter.

La seconde partie a tenu toutes ses promesses : l’interprétation intégrale de The Mask and Mirror, dans l’ordre exact de l’album. J’en ai été profondément émue. De l’éthéré The Mystic’s Dream à la poésie crépusculaire de Prospero’s Speech, en passant par The Bonny Swans, The Dark Night of the Soul, Marrakesh Night Market, Full Circle, Santiago et The Two Trees, j’ai redécouvert l’œuvre dans toute sa cohérence.
Pour porter cette magie, l’artiste était entourée de ses fidèles compagnons de route : Caroline Lavelle au violoncelle, Brian Hughes à la guitare, Hugh Marsh au violon, Dudley Phillips à la basse et Robert Brian à la batterie. Ensemble, ils ont tissé une trame sonore d’une grande finesse, dialoguant avec une complicité qui donnait à chaque arrangement toute sa profondeur.
La soirée s’est conclue sur deux rappels très attendus, The Mummers’ Dance et Dante’s Prayer, qui ont soulevé la salle entière. Grâce à ces musiciens d’exception, à l’acoustique irréprochable de la Maison symphonique et à la ferveur du public montréalais, Loreena McKennitt a fait de cet anniversaire un voyage hors du temps, où chaque chanson résonnait comme une page d’histoire partagée. J’en suis ressortie tellement nourrie!
Si vous avez manqué ces concerts, une dernière représentation montréalaise est prévue le 2 novembre à la Maison symphonique. C’est votre dernière chance de la voir chez nous dans le cadre de cette tournée.
Prochaines dates:
- 29 octobre : London (Ont.), Centennial Hall, à 19 h 30 eventbrite
- 30 octobre : Kitchener, Centre In The Square, à 19 h 30 centreinthesquare
- 31 octobre : Toronto, Massey Hall. Une date supplémentaire au Massey Hall semble aussi prévue le 1er novembre. universalmusicckord
- 2 novembre : Montréal, Maison symphonique. La tournée canadienne devait au départ se terminer à Toronto le 31 octobre, mais elle se conclut maintenant à Montréal le 2 novembre. Billets.
Ensuite, une troisième étape en Europe au printemps 2027 : 30 concerts dans neuf pays, à partir du 22 février à Groningue, aux Pays-Bas, avec notamment Zurich le 24 mars et Lausanne le 25 mars 2027.
Photos : ©Georges Dutil

























![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)




















