Mardi soir, la Salle Wilfrid-Pelletier était gagnée d’avance. Dès le lever du rideau, une rumeur de satisfaction a parcouru la salle pour la première médiatique de Mamma Mia!, présentée par evenko et Broadway Across Canada dans le cadre de la tournée du 25e anniversaire. J’avais moi-même invité une amie qui a vu le premier film culte plus de dix fois… et qui avait pris soin de revoir les deux films avant le spectacle. Imaginez!
L’histoire de Mama Mia!
Faut-il vraiment la raconter? Tout le monde la connaît! Sur une île grecque, Sophie s’apprête à se marier. En fouillant dans le journal intime de sa mère Donna, elle découvre que celle-ci ignore qui est son père. Trois candidats possibles, trois invitations envoyées en cachette… et voilà les trois papas potentiels qui débarquent au mariage, à l’insu de Donna. Un scénario loufoque à souhait, où chaque réplique qui fait avancer l’intrigue déclenche des fous rires dans la salle.
Le récit se déploie en trois temps : trois mois avant le mariage, la veille du mariage et le jour du mariage. Simple, efficace, et nous embarquons sans nous faire prier.

Photo de Joan Marcus
Les voix
Dans le rôle de Donna, Jessica Crouch nous gagne rapidement, tout comme Juliette M. Ojeda en Sophie. Toutes deux sont très en voix et on sympathise avec elles dès les premières notes. Mais avouons-le : ce sont les amies de Donna qui font un tabac. Tanya (Jalynn Steele) et Rosie (Kayla Ryan Walsh) sont carrément irrésistibles avec leurs pitreries sur les hommes. Leur sororité avec Donna est belle à voir, d’autant que les trois interprètes sont craquantes. Nous avons toutes eu, un jour, des amies comme elles… ou rêvé d’en avoir!
Du côté des trois pères, chacun se distingue à sa manière, particulièrement Sam (Victor Wallace), qui prend la plus grande place dans ce conte presque fantastique.
Les immortelles d’ABBA
Une vingtaine de chansons, presque toutes des succès, qui deviennent en un rien de temps des vers d’oreille. Les grandes immortelles de Benny Andersson et Björn Ulvaeus parsèment la soirée, portées par des tableaux de chant choral magnifiques, où danses et voix sont minutées au quart de tour. Certes, on connaît la chanson… mais on ne s’en lasse pas!
D’ailleurs, il suffit de regarder autour de soi : des spectateurs qui fredonnent, des épaules qui se balancent, des sourires qui ne quittent plus les visages. Ce spectacle devient un véritable baume sur nos soucis du moment, et le public semblait en avoir grandement besoin.
Un phénomène mondial
Depuis sa création à Londres en 1999 et à Broadway en 2001, Mamma Mia! a été vu par 70 millions de personnes, dans 50 productions et 16 langues. Le spectacle est resté 14 ans à l’affiche à Broadway, où il a fait un retour triomphal en août 2025 au Winter Garden Theatre, là même où tout avait commencé. Sans oublier les deux films, avec Meryl Streep, Pierce Brosnan, Colin Firth, Amanda Seyfried et même Cher… pas mal non plus!
La pièce est signée Catherine Johnson, dans une mise en scène de Phyllida Lloyd et une chorégraphie d’Anthony Van Laast.

Photo de Joan Marcus
Le petit plus
Chose de plus en plus rare aujourd’hui : nous avons eu droit à un programme papier de la soirée, bien ficelé. Un détail, me direz-vous, mais quel plaisir de le feuilleter à l’entracte!
Le clou de la soirée
Et que dire de la finale! Les costumes rutilants, combinaisons moulantes et épaulettes futuristes, semblent tout droit sortis de Star Wars. Un pur moment de folie disco qui fait lever la salle d’un bond. Le rythme est ahurissant du début à la fin, les tableaux s’enchaînent sans la moindre anicroche, et plus d’une vingtaine d’artistes de grand talent occupent la scène avec une énergie qui ne faiblit jamais. Respect!
Le verdict
Pour briser la monotonie, il n’y a pas toujours besoin de recettes compliquées. Mamma Mia! en est la preuve : une histoire ensoleillée, des chansons que tout le monde connaît par cœur et une troupe qui s’amuse autant que nous. Mon amie, fan finie, est sortie ravie. Et moi aussi!
Mamma Mia! est présenté à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts jusqu’au 18 octobre 2026 : mercredi au vendredi à 19 h 30, samedi et dimanche à 13 h et à 19 h 30.
Équipe de création
Musique et paroles – Benny Andersson et Björn Ulvaeus
Livret – Catherine Johnson
Mise en scène – Phyllida Lloyd
Chorégraphie – Anthony Van Laast
Scénographie – Mark Thompson
Éclairages – Howard Harrison
Conception sonore – Andrew Bruce et Bobby Aitken
Supervision musicale – Martin Koch
![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)





























































