Quoi de mieux qu’un soir d’Halloween pour célébrer les messes noires du metal extrême ? Ce 31 octobre, l’Olympia de Montréal a revêtu ses habits de fête pour se transformer en un véritable théâtre de l’horreur et de la festivité. Entre les murs de la salle, l’ambiance était déjà survoltée avant même les premières notes : on pouvait croiser dans la foule un Père Noël du metal, un Jésus headbanguant, une banane géante et une multitude de créatures rivalisant d’originalité pour souligner la fête des morts.
Thrown Into Exile, Crypta et Septicflesh : L’art de chauffer la salle
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La soirée s’est amorcée sous haute tension avec la fougue de Thrown Into Exile, avant de laisser place à l’un des moments très attendus du début de soirée : la performance de Crypta. Tout droit débarquées du Brésil, les quatre musiciennes – Fernanda Lira (chant et basse), Luana Dametto (batterie), Tainá Bergamaschi (guitare) et Jéssica Falchi (guitare) – avaient elles aussi revêtu de superbes costumes pour l’occasion. D’une générosité remarquable, la charismatique Fernanda Lira a rapidement conquis l’Olympia en s’adressant à la foule dans un français chaleureux, exprimant toute sa gratitude envers l’amour et l’appui indéfectible du public montréalais.
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La cadence s’est ensuite alourdie avec les maîtres du death metal symphonique Septicflesh, venus écraser la scène sous une lourdeur orchestrale et une noirceur théâtrale taillées sur mesure pour un soir d’Halloween. Pour cette tournée nord-américaine, la formation grecque se présentait exceptionnellement en trio, le guitariste Christos Antoniou ayant dû déclarer forfait juste avant le départ en raison d’une blessure.
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Malgré ce pépin de taille, la bande a livré une prestation redoutable. Le chanteur et bassiste Seth Siro Anton (Spiros Antoniou), solidement campé à l’extrémité de la scène, multipliait les incursions au centre pour haranguer la fosse, épaulé avec brio par le guitariste Psychon (Dinos Prassas) et la frappe chirurgicale du batteur Kerim « Krimh » Lechner. Si la présence physique imposante de Christos manquait inévitablement sur les planches, le trio a parfaitement défendu son répertoire macabre.
The Black Dahlia Murder : Énergie visuelle et déferlante mélodique
La tension est montée d’un cran supplémentaire avec l’arrivée de The Black Dahlia Murder. Sur le plan visuel, le groupe n’a pas lésiné sur les moyens : quatre écrans géants diffusaient des visuels immersifs en arrière-plan, pendant que les musiciens – Brian Eschbach (chant), Ryan Knight (guitare), Brandon Ellis (guitare), Max Lavelle (basse) et Alan Cassidy (batterie) – arpentaient la scène déguisés de pied en cap pour célébrer l’Halloween.
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Pour les curieux qui se posaient la question, ce n’était pas la première fois que la formation foulait une scène montréalaise avec Brian Eschbach au micro principal, lui qui a repris le flambeau vocal à la suite du départ tragique du regretté Trevor Strnad. Les Américains ont livré une performance chirurgicale, carrée et ultra-rapide, confirmant que leur rouleau compresseur mélodique tourne toujours à plein régime.
Arch Enemy : Un sacre montréalais pour Lauren Hart
L’heure tant attendue a finalement sonné et l’entrée d’Arch Enemy en tête d’affiche a fait basculer la salle dans l’apothéose. Pour ses grands débuts en sol montréalais, la nouvelle chanteuse Lauren Hart n’a pas fait dans la demi-mesure : dès ses premières secondes sur scène, elle a décoché un percutant « Un gros Tabarnac, Montréal ! » qui a conquis l’assistance d’un seul coup.
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Le groupe avait déployé l’artillerie lourde : jeux d’éclairages grandioses et mix sonore percutant. La foule s’est montrée particulièrement enthousiaste face au renouveau incarné par Lauren Hart. Avec un registre vocal capable d’aller chercher la férocité et les grognements viscéraux qui rappellent l’ère classique d’Angela Gossow, sa performance a rallié aussi bien les nostalgiques de la première heure que les curieux impatients de découvrir cette nouvelle dynamique.
Sur le plan technique, la machine de guerre bâtie par le fondateur Michael Amott a tourné comme une horloge suisse. La précision métronomique de Daniel Erlandsson à la batterie, la rondeur lourde de Sharlee D’Angelo à la basse et la virtuosité éclatante de Joey Concepcion à la guitare ont soutenu une cadence infernale. Mention spéciale à l’attitude scénique de Lauren Hart : lors des duels et des envolées de guitares solo, elle prenait soin de s’effacer discrètement vers l’arrière-scène pour laisser toute la lumière et l’espace à Michael et Joey, un geste d’humilité et de complicité scénique fort apprécié.
Ce fut une soirée magistrale, riche en décibels, réunissant cinq formations aux nuances bien distinctes au sein du spectre extrême, le tout orchestré avec une ponctualité exemplaire. Montréal a fêté son Halloween de la plus brutale des façons.

























![Vue de l’œuvre de Chiharu Shiota Accumulation—Searching for the Destination [Accumulation – en quête de la destination] (2014/2026), dans l’exposition Chiharu Shiota : Les frémissements de l’âme au Musée des beaux-arts de Montréal. Collection de l’artiste. © Chiharu Shiota / VG Bild-Kunst, Bonn / CARCC Ottawa 2026. Photo MBAM, Julie Ciot](https://lesartsze.com/wp-content/uploads/2026/09/Shiota_comm-_DSF9895c_JC-MOD-360x180.jpg)

























