Les 12 et 13 mars, le Théâtre Beanfield affichait complet pour accueillir Les Vulgaires Machins, preuve que le groupe punk québécois demeure aussi pertinent qu’adoré par son public. De retour d’une tournée en France, la formation offrait deux soirées chargées d’énergie, accompagnée de Somet et Thick Glasses, deux groupes de la relève qui ont bien préparé le terrain pour la tête d’affiche.
Le concert a débuté dans un moment presque solennel. Guillaume Beauregard avec sa guitare, a entamé la soirée avec Terminer le fun, tirée de leur plus récent album Contempler l’abîme paru en 2025. Rapidement, la foule s’est jointe à lui, chantant en chœur ce morceau chargé d’émotion. Les autres membres — Marie-Ève Roy (chant et guitare), Maxime Beauregard (basse) et Pat Sayers (batterie) — l’ont ensuite rejoint sur scène, accompagnés également d’une claviériste invitée pour la tournée.
La formation a accordé une place importante à son nouvel album en interprétant huit des douze chansons de Contempler l’abîme. Mais fidèle à sa réputation, le groupe a aussi parcouru sa discographie avec plusieurs titres marquants, dont Être un comme, Puits sans fond et Dieu se pique.
L’introduction du concert s’est faite avec un clin d’œil à leur passage en France : Triple meurtre et suicide raté, chantée à l’unisson par la foule, dans une version légèrement plus rapide que l’originale. Après trois chansons tirées de leur premier album, le groupe a offert une parenthèse plus intime avec Un peu plus tard, interprétée en version acoustique par Marie-Ève Roy et Guillaume Beauregard.
L’énergie dans la salle était palpable. Sur Compter les corps, les quatre membres chantaient ensemble, créant un superbe mélange de voix. Devant la scène, plusieurs bodysurfers ont traversé la foule tandis que le parterre s’animait au rythme de quelques mosh pits, rappelant l’esprit brut et rassembleur du punk.
Moment marquant de la soirée : l’interprétation de L’effondrement qui vient, tirée de Contempler l’abîme, avec la participation surprise de J. Kyll, chanteuse du groupe hip-hop Muzion. Sa présence a ajouté une dimension particulière à la pièce, et la foule a réservé un accueil enthousiaste à cette collaboration sur scène.
Assister à un spectacle des Vulgaires Machins, c’est voir une machine parfaitement huilée. Le groupe maîtrise son répertoire et sait habilement naviguer entre les époques de sa carrière. Trois titres de l’album 24.40 — Rue Déragon, Trinitrotoluène et Cocaïnomane — ont d’ailleurs provoqué une vague de nostalgie. Pour plusieurs, dont moi, entendre ces chansons évoquait immédiatement les souvenirs du Spectrum de Montréal lors des Francofolies de 1999, un moment gravé dans la mémoire.
La soirée s’est finalement conclue dans une grande communion avec le public grâce à l’incontournable Et même si.
Au final, ces deux concerts au Théâtre Beanfield ont confirmé que Les Vulgaires Machins restent l’une des formations punk les plus solides du Québec. Entre nouvelles compositions, classiques incontournables et une foule complètement engagée, le groupe a livré une performance puissante et généreuse. Une soirée punk/rock réussie, portée aussi par deux groupes de la relève prometteurs.
Le groupe poursuit actuellement sa tournée à travers le Québec, et si l’énergie déployée à Montréal est un indicateur, les prochaines villes auront droit à des soirées tout aussi mémorables.































































