Le Centre Bell accueillait cette semaine une des tournées les plus lourdes à passer en ville depuis un bon moment. Une affiche taillée pour les amateurs de décibels et de breakdowns, menée par Lamb of God, accompagnée de Kublai Khan TX, Fit for an Autopsy et Sanguisugabogg. Sur papier, difficile de faire plus intense.
Dès les premières notes de “Ruin”, tirée de As the Palaces Burn, suivie de l’incontournable “Laid to Rest”, le ton était donné : une déferlante sonore sans compromis. Derrière le groupe, quatre crânes imposants et des écrans géants évoluaient au rythme des morceaux — une signature visuelle désormais bien ancrée dans leurs tournées. C’est efficace, mais sans grande surprise.
Sur scène, Randy Blythe est fidèle à lui-même : une véritable bête en cage, arpentant la scène avec une intensité presque viscérale. À ses côtés, John Campbell, Mark Morton et Willie Adler restent plus statiques, concentrés sur l’exécution impeccable des riffs. En hauteur, Art Cruz impressionne par sa précision et sa puissance — probablement le musicien le mieux mis en valeur visuellement de toute la soirée.
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Et c’est là que le bât blesse un peu. L’éclairage, étonnamment discret sur les membres du groupe, laissait souvent les musiciens dans l’ombre, à l’exception du batteur. Dans une salle comme le Centre Bell, on s’attend à une mise en lumière plus travaillée — quelques follow spots auraient vraiment permis de mieux connecter avec chacun des musiciens.
Les pièces du plus récent album Omens (incluant “Omens”, “Parental Christ” et “Septic”) s’intégraient bien au reste du répertoire, en alternance avec des classiques comme “512” et “Walk With Me in Hell”. Cette dernière, d’ailleurs, livrée avec une précision redoutable, aurait gagné en impact avec un peu de pyrotechnie — un détail, mais qui aurait pu faire toute la différence dans un moment aussi attendu.
Dans la fosse, l’énergie était bien réelle. Les agents de sécurité n’avaient pas une seconde de répit, occupés à gérer un flot constant de crowd surfers, tandis que les mosh pits se multipliaient au parterre. Le point culminant est sans doute venu avec “Redneck”, transformant la foule en un immense circle pit où seuls les plus téméraires osaient s’aventurer.
Mention spéciale au moment où Randy Blythe a pris le temps de remercier Montréal, visiblement sincère dans son attachement à la ville — un échange simple, mais toujours apprécié.
Au final, malgré une performance solide et une affiche impressionnante, j’ai quitté la salle avec un léger sentiment d’inachevé. Peut-être une question de fréquence — Lamb of God est passé plusieurs fois en ville ces dernières années — ou simplement ce petit “wow factor” qui ne s’est jamais complètement matérialisé ce soir-là. Une très bonne soirée, sans aucun doute, mais à laquelle il manquait cette étincelle capable de la rendre mémorable.






























































