Rencontre avec Katia Makdissi-Warren, l’âme derrière l’ensemble Oktoécho. Depuis un quart de siècle, elle tisse des liens entre l’Occident, l’Orient et les racines autochtones, prouvant que la musique est un langage sans frontières. Découvrez une créatrice qui fait fleurir la beauté au cœur des contrastes.
Les racines d’un dialogue musical
Jacqueline : Quel a été ton parcours et ce qui t’a poussée à créer ton organisation ?
Katia Makdissi-Warren : Merci de m’accueillir ! Je suis compositrice de formation. Étant moi-même d’origine libanaise par ma mère, j’ai toujours eu à cœur de jeter des ponts entre le Moyen-Orient et l’Occident. Très tôt, je me suis aussi passionnée pour les cultures autochtones du Canada.
Au début des années 2000, le milieu classique était encore assez fermé à ces métissages. C’est pour cette raison que j’ai fondé mon propre ensemble, Oktoécho, en 2001. Depuis un quart de siècle, nous travaillons à faire se rencontrer ces différents univers musicaux à travers des collaborations authentiques, notamment avec des artistes comme Nina Segalowitz et Lydia Etok.
Une ouverture grandissante du milieu classique
Jacqueline : Y a-t-il eu une évolution aujourd’hui ? Le milieu classique est-il plus ouvert à ces mélanges de styles ?
Katia Makdissi-Warren : Énormément ! Des projets que je portais seule avec Oktoécho en 2002 sont aujourd’hui accueillis à bras ouverts par de grandes institutions. J’ai collaboré avec les Violons du Roy, I Musici, et j’ai eu la chance d’être compositrice en résidence à l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) l’an dernier.
À Québec, l’expérience a été extraordinaire. Le chef Clemens Schuldt a une ouverture d’esprit et une passion incroyables. Il m’a donné carte blanche. Nous avons pu intégrer des musiciens soufis et des artistes autochtones de sept nations différentes. Il a pris le temps de comprendre nos méthodes, car nous travaillons souvent sans partition, par l’improvisation. Cette volonté d’adaptation de la part d’un orchestre symphonique prouve que les mentalités ont vraiment changé.
Un automne riche en créations
Jacqueline : Quels sont tes projets pour la saison à venir ?
Katia Makdissi-Warren : L’automne s’annonce très occupé ! Nous avons un projet magnifique avec l’Orchestre symphonique de l’Estuaire à Rimouski. Ce sera une rencontre entre deux chanteuses bretonnes et deux chanteuses inuites (Nina et Lydia Etok). Le lien central du spectacle est l’eau et l’océan, unissant deux cultures dont les langues ont longtemps été opprimées.
À Montréal, nous collaborons avec l’Orchestre classique de Montréal. Là, nous explorerons davantage le côté moyen-oriental avec des compositions pour contrebasse (Étienne Lafrance) et pour qanûn avec Didem Başar, dont la sœur, Binaz Çelik, viendra spécialement de Turquie pour l’occasion.
Un rêve pour l’avenir : l’œuvre-cercle
Jacqueline : Pour terminer, quel est ton plus grand rêve … un projet qui ne s’est pas encore réalisé ?
Katia Makdissi-Warren : Mon rêve actuel est de briser complètement la barrière entre la scène et la salle. J’aimerais trouver une manière pour que le public fasse partie intégrante de l’œuvre. Que nous formions un tout, comme un grand cercle. C’est vers cette fusion humaine et sonore que je souhaite diriger mes prochaines recherches.
Retrouvez les dates de concerts d’Oktoécho sur leur site officiel!
Site web de Katia Makdissi-Warren.
Photo : J Bertrand



























































