Véritable succès populaire avec plus de 50 000 billets vendus, Évangéline poursuit sa tournée d’adieux après avoir conquis les scènes de Montréal, Trois-Rivières et Moncton. Cette ambitieuse comédie musicale, inspirée de l’histoire de la déportation des Acadiens, propose une fresque où se croisent amour, mémoire et résilience. Roger Bourassa a assisté à l’une des dernières représentations et signe une critique nuancée, soulignant les forces de cette production tout en relevant les éléments qui l’ont moins convaincu.
Si je vous disais que j’ai vraiment envie de ne vous en dire que du bien ? Je soulignerais l’ovation spontanée à la fin du spectacle, à la suite de la très belle interprétation de la chanson iconique de Michel Conte, « Évangéline », interprétée par Maude Cyr-Deschênes et Raphaël Butler. Que les voix sont toutes très belles, nous offrant même des harmonisations de groupe agréables.
Que l’intégration d’une contribution autochtone est tout à fait justifiée et réjouissante. Que les chansons sont souvent accrocheuses et mélodieuses. Que les chorégraphies ajoutent de la grâce, du mystère ou de la tragédie à l’ensemble.
Que l’aspect visuel offre de belles surprises, avec des plumes ou des ailes, par exemple. Que les 22 artistes sur scène se donnent entièrement pour nous faire passer un bon moment pendant deux heures quarante, entracte inclus.

Cela dit, pourquoi est-ce que l’histoire n’est pas venue me chercher ? La connexion ne s’est pas faite, malgré un préjugé favorable envers l’histoire des Acadiens. Peut-être parce que la première partie est lourde dans son ensemble et que la mise en scène manque de fluidité, nous imposant quelques temps morts entre les tableaux.
Outre l’histoire d’amour entre Évangéline et Gabriel, l’histoire de la déportation des Acadiens n’est pas reposante ; c’en est une de violence, d’affrontements, d’injustice, de domination, mais aussi de résilience et de courage.
Doit-on tout raconter dans les moindres détails ? Est-ce que l’œuvre aurait pu être parsemée davantage de légèreté ? Ce qu’on retrouve en 2e partie, puisque la guerre est terminée et l’ambiance est un tantinet plus à la fête. Il faut aussi en venir à l’évidence qu’un chanteur aussi talentueux soit-il, ne fait pas nécessairement un bon comédien, et quelques-uns sonnent faux dans la livraison des dialogues, ce qui n’aide pas à la crédibilité de l’histoire.
Mais c’est un énorme spectacle. La transposition de l’histoire des Acadiens sur scène en comédie musicale était nécessaire, ne serait-ce que par devoir de mémoire. La preuve : elle a rejoint plus de 50 000 personnes à ce jour.
En supplémentaires jusqu’au 9 août à la Place des Arts et auGrand Théâtre de Québec à partir de septembre.
Distribution
Maude Cyr-Deschênes (Évangéline Bellefontaine), Olivier Dion (Gabriel Lajeunesse), Matthieu Lévesque (Baptiste), Nathalie Simard (Sœur Marguerite), Laurent Lucas (Père Félix), Guillaume Rodrigue (François), Océane Kitura Bohémier-Tootoo (Hanoah), Raphaël Butler (Beausoleil), Dominique Côté (Benoît Bellefontaine), Frayne McCarthy (John Winslow), Noémie Durand (Jeanne), Éloi Archambaudoin (rôles multiples)
Danseur·euses Cyndie Forget Gravel, Merryn Kritzinger, Roxane Duchesne-Roy, Evelynn Yan, Jake Poloz, Zachary Bastille, Yelda Del Carmen Leyva Espinosa, François Richard, Andrew Mikhaiel
Chorégraphe de danse des Premières Nations Aroussen Gros-Louis
📷: Cyrille Farré






























































