C’est avec une profonde émotion que nous apprenons le décès de Madeleine Gagnon, survenu la nuit dernière. Originaire d’Amqui (1938), cette femme d’exception n’était pas seulement une écrivaine ; elle était une boussole intellectuelle et l’une des voix les plus vibrantes de la littérature québécoise contemporaine.
Une œuvre monumentale et insoumise
Depuis ses débuts en 1969 avec Les Morts-vivants, Madeleine Gagnon a bâti, en un demi-siècle, une cathédrale de papier de plus de quarante ouvrages. Poésie, essais, nouvelles : sa plume n’a jamais craint les frontières.
Qu’il s’agisse de ses réflexions féministes marquantes dans Retailles ou de son exploration poétique récompensée par le Prix du Gouverneur général pour Chant pour un Québec lointain (1991), elle a su marier l’engagement social à la beauté formelle. En 2013, elle nous offrait Depuis toujours (Boréal), un récit autobiographique d’une liberté totale, témoignage d’un esprit qui aura traversé le marxisme, la psychanalyse et l’indépendantisme avec une lucidité constante.
Une influence sans frontières
Célébrée bien au-delà de nos frontières (traduite en anglais, espagnol, italien et récompensée jusqu’en Roumanie), elle a reçu en 2002 le prestigieux prix Athanase-David pour l’ensemble de son parcours. Officière de l’Ordre national du Québec, elle a également marqué le monde académique, notamment à l’UQAM, où elle a formé des générations d’auteurs aujourd’hui incontournables.
« Elle nous rend le monde autrement. Entre lucidité et émerveillement. »
— Paul Chanel Malenfant
Un héritage vivant
Madeleine Gagnon laisse derrière elle une œuvre puissante et rebelle, un rempart contre l’indifférence. Elle nous a appris que l’écriture est un acte de présence au monde.
L’équipe des ArtsZe adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à la grande communauté des lecteurs qu’elle a touchés.

























































