Après vingt ans à la barre de la direction artistique, Michel Beaulac s’apprête à tourner l’une des plus belles pages de l’histoire de l’Opéra de Montréal. Pour son grand départ, il a choisi de nous offrir Carmen, ce chef-d’œuvre de liberté. Plus qu’une simple production, ce projet symbolise l’aboutissement d’un mandat dédié à l’audace et au renouveau. Pour celui qui a transformé la Place des Arts en un véritable laboratoire de création, cette œuvre est le point final d’un parcours exceptionnel ayant redonné au genre lyrique une place vibrante dans le cœur des Montréalais.
L’opéra, remède à notre époque : Un dialogue avec Michel Beaulac

Lors d’un entretien intime, je l’interroge sur la pertinence de cet art que certains disent figé. « Je m’inscris en faux contre cette idée », rétorque-t-il avec passion. Pour lui, Carmen est l’incarnation même de la femme contemporaine : une force de la nature qui ne subit jamais, mais qui décide de son destin. « Elle était tellement en avance sur son époque », souligne-t-il, voyant en elle une solidité inébranlable qui résonne encore aujourd’hui.
Pourtant, je soulève un point sensible : à l’heure de l’hyper-communication numérique, l’opéra ne semble-t-il pas déconnecté ?
« C’est tout le contraire, c’est un remède ! », s’exclame Michel Beaulac. « L’opéra est le joyau de nos émotions. Aujourd’hui, les réseaux sociaux nous isolent paradoxalement : ils devraient nous lier, mais ils finissent souvent par nous diviser. Je le vois chez les jeunes, qui sont parfois les plus seuls au monde malgré leurs téléphones. L’opéra, c’est l’espace sacré où l’on travaille ses émotions. C’est là que les sentiments les plus brûlants trouvent enfin une voix, une résonance physique et réelle. »
Cette vision d’un opéra vivant, il la porte depuis son arrivée.
« Mon combat est de prouver que l’opéra est un art d’aujourd’hui. À l’Opéra de Montréal, nous investissons massivement dans la création et les nouveaux talents. On ne se contente pas de dépoussiérer les classiques : on les fait battre au rythme du présent. Dans cette production, chaque émotion est un personnage à part entière, vibrant de vérité. »
Une promesse de grandeur sur scène
L’excitation est à son comble en coulisses. La répétition est d’une qualité haute gamme! La force des interprétations et la cohésion de la troupe promettent un spectacle d’une rare intensité, une véritable apothéose pour ce départ historique.
La distribution de calibre international porte cette promesse avec brio. La mezzo-soprano Rihab Chaieb campe une Carmen magnétique face au Don José tourmenté d’Arturo Chacón-Cruz. La lumineuse Magali Simard-Galdès (Micaëla) et le flamboyant Ethan Vincent (Escamillo) complètent ce quatuor d’exception. Sous la mise en scène moderne d’Anna Theodosakis et la baguette magistrale de Jean-Marie Zeitouni, l’Orchestre Métropolitain et le Chœur de l’Opéra de Montréal s’apprêtent à faire vibrer la Salle Wilfrid-Pelletier.
Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts
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Dates : Les 2, 5, 7, 12 mai à 19h30, et le dimanche 10 mai à 14h00.
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Accessibilité : Présenté en français avec sous-titres bilingues (français et anglais).
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PRÉOPÉRA : Pour enrichir votre soirée, rejoignez le musicologue Pierre Vachon au Piano nobile une heure avant chaque spectacle pour une présentation gratuite et captivante..
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Photo : Opera de Montréal



























































