Le MTELUS vibrait sous une tension électrique ce soir pour accueillir la tournée d’adieu de Sepultura. Pour leur deuxième arrêt seulement depuis l’annonce de la fin du groupe, les Brésiliens n’étaient pas venus seuls : une véritable armada composée de Biohazard et Exodus les accompagnait pour transformer la salle en une cathédrale de décibels.
La soirée s’ouvre avec Biohazard et leur hardcore new-yorkais sans compromis. Dès les premières notes, le parterre s’embrase. Leur set, largement ancré dans leurs classiques, frappe fort avec Urban Discipline, Shades of Grey et Wrong Side of the Tracks. Mais c’est surtout leur nouvelle pièce Fuck the System qui m’a surpris — elle s’intègre naturellement à leur répertoire, comme si elle avait toujours été là. Sur scène, ils dégagent une énergie brute, presque viscérale. Impossible de rester immobile.
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Puis, changement de ton avec Exodus, véritables pionniers du thrash californien. L’entrée de Gary Holt est accueillie comme celle d’un héros — et avec raison. Dès Bonded by Blood, la salle bascule dans le chaos organisé : mosh pits, body surfers, sécurité débordée… et photographes sur le qui-vive. À un moment, juste avant The Toxic Waltz, Holt glisse les riffs de Raining Blood de Slayer — un clin d’œil qui fait exploser la foule. Mais le moment le plus marquant reste cette invitation faite à un jeune fan de monter sur scène pour jouer avec le groupe. Un geste simple, mais profondément humain. On sentait que pour lui, le temps venait de s’arrêter.
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Et puis, finalement, Sepultura. L’ambiance change immédiatement. Après l’intro familière de Polícia, le groupe attaque sans détour avec Beneath the Remains, Inner Self et Desperate Cry. Trois classiques, trois coups de poing. Le message est clair : pas de nostalgie molle ici, seulement de l’intensité pure.
Ce qui m’a frappé, c’est à quel point le groupe sonne encore vivant, pertinent. Andreas Kisser est impérial à la guitare, précis et inspiré. Derrick Green, souvent sous-estimé, livre une performance solide et engagée. Paulo Jr., plus discret, reste le pilier silencieux du groupe. Et le nouveau venu, Greyson Nekrutman, impressionne : puissant, technique, parfaitement en place — difficile de croire qu’il est arrivé si récemment.
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Un des moments les plus marquants de la soirée reste Dead Embryonic Cells. Sur le riff final, tout le parterre saute à l’unisson — un instant de communion totale. Puis vient Kaiowas, moment suspendu où plusieurs invités rejoignent le groupe pour cette pièce tribale profondément enracinée dans la culture brésilienne. C’est beau, presque spirituel.
Personnellement, je suis sorti de là avec un mélange étrange d’euphorie et de nostalgie. Ce n’était pas seulement un excellent concert — c’était un rappel puissant de ce que le métal peut être : une communauté, une énergie, une mémoire collective. Voir des fans de tous âges réunis, chanter, crier, vivre chaque instant… ça prouve une chose : malgré le peu d’attention des médias traditionnels, le heavy métal est loin d’être mort. Il est bien vivant — et ce soir-là, au MTELUS, il battait très fort.



























































