Sur la route de la Maison symphonique, après un passage éclair à l’heure de l’apéro entendre l’Ensemble Cordâme où la chanteuse Coral Egan indisposée était remplacée au pied levé par une courageuse Andréanne Paquin-Brisson chantant de belles paroles de poétesses fabuleuses d’autrefois, des vers non projetés, hélas, sur le grand mur si apte à cela, derrière elle, ma soirée poétique a pris son envol avec la ferme virtuose Yulianna Avdeeva.
Une très grande interprète
Premier prix du Concours Chopin 2010 devant le volcanique Daniil Trifonov, l’idéaliste Ingolf Wunder et le poétique Evgeni Bozhanov, Yulianna Avdeeva a offert une prestation irréprochable du Concerto pour piano et orchestre opus 11 en mi mineur. Tout était de grande classe et maîtrise sous la cheffe invitée Simone Young.
Hélas, le public tout nouveau tout beau tout jeune ayant applaudi après le premier mouvement (cela choque souvent les virtuoses qui en affichent un peu d’humeur) n’a pas saisi l’occasion d’insister davantage pour obtenir d’elle un rappel.

Pas de piano au Quatuor orchestré
La seconde partie de la soirée offrait, lisait-on, au programme, un Quatuor pour piano et cordes orchestré par Arnold Schoenberg mais attribué en toutes lettres à Brahms.
L’orchestrateur et compositeur viennois, (la jeunesse de l’auditoire avait beau chercher si elle avait lu le titre au programme), y a, en effet, fait disparaître de la scène le piano du grand compositeur hambourgeois.
Le mérite de l’orchestration est d’y avoir préconisé de spectaculaires solos et dialogues entre les solistes fabuleux de nos instruments à vent et avec ceux de nos cordes, offrant tout autant un rôle prépondérant aux percussions aussi.
Ravel plus adroit à orchestrer
Cependant, en orchestrant les Tableaux d’une Exposition du Russe Moussorsky, Maurice Ravel (1875-1937) eut plus de doigté à bien orchestrer, car la saveur russe y resta entière et fort spectaculaire. Je n’en dirai pas de même du Schoenberg-Brahms entendu, car ce dernier n’y est plus du tout en reliefs de sonorités bien à lui.
Pour qui connaît passablement Johannes Brahms (1833-1897) et son Grand Œuvre entier (Brilliant Classics coffre de 58 disques compacts 94860) cette orchestration viennoise est une intéressante vanité de ré-écriture un peu dévisageante .
Seuls les deuxième et quatrième mouvements offraient une très légère sonorité brahmsienne fort passagère.
Otto Klemperer
Ce labeur de Schoenberg aurait été suggéré par Otto Klemperer qui fut un des illustres chefs de l’OSM entre 1950 et 1953.
Le programme aurait pu ajouter cette information qu’il dirigea notre ensemble symphonique car ce n’est pas rien: pour nous, cette richesse de l’avoir eu ici doit être rappelée comme vinrent Igor Markevitch (1957-1961, mais congédié en douce) et avant eux Désiré Defauw (1941-1952). Enfin, plus tard, le grand révélé par l’excellent directeur général Pierre Béique, adopté à ses jeunes 26 ans, l’inoubliable Zubin Mehta.
Simone Young a fait un travail fort respectable de diriger tout ceci, jeudi soir, avec des gestes bien à elle mais sans grande cérémonie.
OSM 30 avril 2026
Simone Young, cheffe d’orchestre
Yulianna Avdeeva, piano
Œuvres
Frédéric Chopin, Concerto pour piano et orchestre no 1, op. 11 (43 min)
Entracte (20 min)
Johannes Brahms, Quatuor pour piano et cordes no 1, op. 25 (orch. A. Schoenberg) (43 min)
Photos : Gabriel Fournier
























































