Pour son premier roman Obsédée, Geneviève Jetté conceptrice-rédactrice publicitaire aborde des sujets complexes et peu souvent explorés dans un roman. Elle parle de son diagnostic de trouble obsessionnel compulsif, avec les obsessions et les compulsions qui en résultent ainsi que les pensées intrusives, et envahissantes qu’elle doit gérer en permanence. Un roman à la fois instructif, déroutant, parfois drôle et à l’occasion émoustillant, qui fait énormément réfléchir.
Résumé : « Mon cerveau est comme une sortie scolaire à l’Insectarium avec un suppléant. Le chaos. » Gen est perdue. Entre une soirée de peine d’amour dans un bar sombre de Rosemont, une aventure semi-torride dans un resto de Madrid et un anniversaire dans le Quartier des spectacles passé à questionner son orientation sexuelle, elle tente du mieux qu’elle peut d’apprivoiser le trouble obsessionnel compulsif qu’on vient de lui diagnostiquer. Parce qu’il y a Constance, sa petite voix intérieure tyrannique, qui ne rate jamais une occasion de lui rappeler qu’elle est méchante, trop grosse, obsédée par les hommes. Inadéquate, quoi qu’elle fasse.
Avec ce premier roman, on peut dire que l’autrice y fait une belle introspection et se rend complètement vulnérable et authentique avec ses lecteurs et lectrices. C’est hallucinant de voir à quel point cela peut être difficile à gérer ses TOCS au quotidien. Dans les premiers chapitres, Geneviève, la narratrice, nous convie dans sa tête, tout en nous expliquant ce qu’est le trouble obsessionnel compulsif. «On doute constamment de nos sentiments, constamment, puis on fait de l’anxiété par rapport à cette pensée-là». Et la plupart du temps, ces doutes surviennent lorsque la petite voix dans sa tête (qu’elle nomme Constance), lui fait des remarques désobligeantes, ou la questionne sur ses pensées, ses actions et ses sentiments.
Personnellement, déjà au 2e chapitre je me sentais agressée par cette voix qui la dénigrait constamment, la faisant se sentir mal ou coupable de ses actions et ses sentiments. J’ai complètement cessé de lire cette petite voix intérieure qui était représentée en écriture italique, tellement je ne me sentais pas bien.
Par des exemples concrets de son quotidien, Geneviève démontre bien comment après quelques doutes insinués par cette voix malsaine, les comportements compulsifs prennent le dessus et l’anxiété fait du ravage autour de lui. Ouf! Pas facile à vivre tout cela!
«Nos Constances installent un doute dans nos actions, surtout dans les moments où il est presque impossible de vérifier l’information… Constance me fait douter, armée d’une pensée intrusive. Elle envoie une image explicite à un moment aléatoire et, après, elle demande ce que ça nous fait sentir. C’est là que l’analyse des comportements la panique et les compulsions prennent place.»
Au fil des pages, on voit cette jeune femme de pas encore 30 ans, nager à contre-courant pour tenter de maitriser la bête, cette voix dans sa tête, ou encore en diminuer l’emprise et les effets. Vers la fin du livre, on voit que l’écriture lui apporte un certain apaisement et que ses actions pour minimiser l’impact de Constance commencent à porter fruit.
Finalement, ce roman est à la fois lumineux et totalement déroutant à lire, mais on en apprend tellement sur les TOCS. J’ai un énorme respect et une grande empathie envers ceux et celles qui doivent vivre sainement avec ce trouble au quotidien.
Formée pour devenir journaliste, Geneviève Jetté a tout fait, sauf ça. Son amour des mots l’a plutôt menée vers une carrière de conceptrice-rédactrice publicitaire. Obsédée est son premier roman.
Date de parution : 5 aout
Nombre de pages : 168 pages
Prix : 29.95$
Édition Libre Expression : https://editionslibreexpression.groupelivre.com/






























































