Hier soir, la Place Bell de Laval a accueilli une légende du rock. Près de six décennies après avoir posé les jalons du hard rock et du heavy metal, Deep Purple a montré que la passion et la virtuosité n’ont pas d’âge.
Devant un public de tous âges, le groupe britannique a livré une prestation à la fois nostalgique et bien ancrée dans le présent, rappelant pourquoi leur place dans l’histoire de la musique reste unique. La soirée a aussi été marquée par de superbes morceaux tirés de leur riche répertoire, dont Space Truckin’ et Lazy.
Les premières parties : Dust in the Wind et Somebody to Love
Avant l’entrée en scène des têtes d’affiche, la soirée s’était déjà avérée mémorable grâce à une double dose de rock classique. En guise de mise en bouche, le public de la Place Bell a eu droit aux prestations de deux piliers de la scène américaine : Jefferson Starship et Kansas.
Ce double programme a bien préparé le terrain, transformant la soirée en pèlerinage pour les nostalgiques de l’âge d’or du rock. Kansas a suspendu le temps en entonnant son chef-d’œuvre Dust in the Wind, un moment de pure mélancolie où des milliers de voix se sont unies pour reprendre le refrain en chœur.
Un peu plus tôt, Jefferson Starship avait mis le feu à l’amphithéâtre en revisitant le classique psychédélique Somebody to Love, avec une énergie survoltée et un vent de liberté propre à l’ère flower power. Ces deux prestations ont donné le ton d’une soirée placée sous le signe de l’excellence.
Le clou du spectacle : Deep Purple entre flammes et virtuosité
Puis l’attente a pris fin pour laisser place à la légende. Deep Purple vaut toujours le détour sur scène. Le groupe a fait irruption de la plus explosive des manières en ouvrant le bal avec l’incontournable Highway Star, porté par des projections visuelles réussies.
Cette entrée en matière survoltée a tout de suite mis en valeur le talent du guitariste Simon McBride, dont les solos acérés ont fait des étincelles, ainsi que la virtuosité du claviériste Don Airey, digne héritier des grandes heures de l’orgue Hammond qui a brillé lors d’un solo truffé de clins d’œil musicaux locaux.

Le groupe a ensuite enchaîné avec aisance des morceaux comme When a Blind Man Cries, Diablo et Perfect Strangers. Au micro, Ian Gillan restait le narrateur charismatique de ces épopées sonores. Sa présence scénique et son intensité dramatique restent intactes, donnant une âme à chaque morceau.
La formation a offert une prestation cohésive et intense, portée par une maîtrise instrumentale solide et complétée par le travail toujours aussi tonitruant du batteur Ian Paice. L’apogée de la soirée a été marquée par l’hymne intergénérationnel Smoke on the Water.
Entre éclats instrumentaux précis et échanges avec les spectateurs, cette soirée de rock s’est conclue en triomphe, confirmant que les vraies légendes ne meurent jamais. Une grande soirée de rock, du début à la fin.
Helena Hölzl



























































