Depuis sa fondation, Chants Libres défend une vision de l’art lyrique ouverte sur les pratiques contemporaines. Avec OPER’ACTUEL, la compagnie affirme encore davantage cette identité et propose un événement où musique, danse, théâtre, arts numériques, performance et recherche artistique se rencontrent.
Le festival biennal OPER’ACTUEL de Chants Libres se tiendra à Montréal du 21 au 26 septembre 2026, inaugurant pour l’occasion son tout premier format d’une semaine complète dédié à la création lyrique contemporaine. Cette première édition réunira donc des créateurs provenant de différentes disciplines et générations autour d’œuvres qui témoignent de la richesse de la création lyrique actuelle. Cette édition mettra en vedette l‘ensemble Paramirabo, le chef d’orchestre Stephen Mulligan et la soprano Sarah Albu à travers une programmation riche comprenant des concerts, des vitrines professionnelles, des ateliers, des causeries publiques et des tables rondes.
Deux créations marquantes
Le festival s’ouvrira avec Akasha : Le souffle de l’univers, lundi 21 septembre, première mondiale de l’opéra-danse interculturel imaginé par la soprano Kripa Nageshwar et Hamsa Créations Lyriques. Fusionnant traditions musicales indiennes et instrumentation contemporaine, cette œuvre explore les liens entre souffle, spiritualité et nature.
Le lendemain, mardi 22 septembre, le public découvrira Come Closer, du collectif torontois Opera 5. Composé par Ryan Trew sur un livret de Rachel Krehm, cet opéra intimiste aborde avec sensibilité le deuil, la mémoire et la guérison à partir des poèmes écrits par la sœur de la librettiste.
Entretien avec Sarah Albu, commissaire invitée
Jacqueline : C’est un plaisir de vous parler, votre parcours musical est admirable. J’ai l’impression qu’il y a, derrière votre travail, quelque chose qui vous dépasse — un mouvement, une cause, une communauté plus large que votre carrière personnelle. Pouvez-vous m’en parler?
Sarah : Ma rencontre avec Marianne Béliveau, la directrice artistique de Chants Libres, a abouti sur une invitation pour être commissaire pour cette édition d’Opéras actuels. Cette année, il y a tout un festival autour du concert. Normalement, seuls un ou deux concerts sont consacrés aux œuvres en développement. Donc, on a des extraits d’opéras, d’opéras de chambre, d’opéras contemporains qui sont en cours de développement.
Je m’occupe du spectacle Opéra actuel qui se passe le vendredi 25 ainsi que le samedi 26.
On a fait un appel ouvert à tous, partout, à tout moment de carrière, à tout niveau d’expérience pour la création d’opéra. J’ai choisi six œuvres avec des gens que je connais déjà et d’autres que je ne connaissais pas déjà, avec des gens de la scène montréalaise et de l’extérieur.
Je vais chanter dans trois de ces œuvres. Dans les trois autres, je suis là pour aider les créateurs.trices à réaliser leurs scènes. On ne présente pas les œuvres finies, plutôt une étape dans le processus parce que l’opéra prend du temps et des ressources, même des petits opéras. Opéra actuel est une opportunité d’essayer des choses avec un ensemble, avec des vocalistes et dans une salle. On a des possibilités d’offrir la technique aussi. C’est vraiment un laboratoire pour faire vivre les idées en opéra.
Jacqueline : Pour ceux qui ne connaissent pas l’opéra, ce festival sera-t-il une chance pour découvrir la variété et la diversité de l’opéra actuel ?
Sarah : Oui, certainement. Moi, je viens plus d’un parcours de musique expérimentale et théâtre, performance expérimentale. Cette édition a un peu ma signature. Ceci dit, dans les œuvres que j’ai choisies, il y a des artistes qui viennent du monde de la performance expérimentale électronique comme moi. D’autres qui viennent de la musique traditionnelle québécoise et de la musique ancienne.
C’est une opportunité pour les gens qui croient ne pas aimer l’opéra de découvrir ce qu’on peut faire avec ce genre. Ce qui, pour moi, ne nécessite même pas une voix opératique, mais une approche à la performance qui intègre musique, paroles, chant et éléments scéniques.
Jacqueline : L’opéra expérimental reste un genre très marginal, presque confidentiel. Quel a été votre chemin jusque-là?
Sarah : Oui, je pense que ce n’était pas une découverte en une shot, comme on dit. Ça a été à travers plusieurs expériences dont un rêve que j’ai eu très jeune à faire du théâtre musical expérimental. J’étudiais à l’Université Concordia en chant, mais je m’intéressais beaucoup à la musique improvisée, à la musique punk, à la scène DIY dans les années 2000.
À travers mes propres expériences de création, j’ai rencontré des gens de la musique comme les flûtistes, Jeff Stonehouse, et ceux de l’ensemble Paramirabo, qui d’ailleurs vont jouer. On m’a demandé de faire un concert avec l’œuvre Pierrot Lunaire d’Arnold Schoenberg, avec son ensemble, en 2010 ou 2011.
Jacqueline : Comme l’ensemble Paramirabo, est déjà sur ma wish list du festival, retournons au festival. Qu’est-ce qu’on peut faire dans ce festival ?
Sarah : Il y a quelque chose en tout temps, pendant la semaine du 21 au 26. Il y a des présentations et des sessions de pitch, d’autres œuvres en cours. Il y a des ateliers à tous les jours de lundi au jeudi, des ateliers de 5 à 7, en format 5 à 7.
Par exemple, il y a un atelier d’improvisation et création vocale avec Liz Lima, qu’on connaît tous les deux, c’est le lundi. Pourquoi pas ? Il y a le mardi 22 un atelier avec Gabriel Provost, qui est orthophoniste spécialisé en chant. C’est une opportunité de découvrir la mécanique de la voix chantée, puis de démystifier un peu le chant et l’orthophonie, qui est très important pour les chanteurs et chanteuses.
Il y a un atelier le 23 avec Alexandre Templier, qui fait une technique vocale, c’est un système d’apprentissage vocal qui s’appelle Estill. C’est un système qui touche à plein de styles différents. C’est une approche scientifique à la voix chantée. Scientifique et aussi très créative. Et le jeudi 24, un atelier de voix, corps et mouvements avec le chorégraphe et créateur Simon Renaud.
Sinon, il y a d’autres spectacles, lundi le 21 et mardi le 22. Il y a Akashal, le souffle de l’univers de Kripa Nageswar. Tout ça est écrit sur le site web. Il y a aussi le mardi Come Closer d’Opera 5, Ryan True et Rachel Krem de Toronto. Oui, oui, je peux faire une liste de tout ce qui se passe, ou on peut aller sur le site web. Il y a plein de choses, des styles très différents aussi.
Jacqueline : Wow, merci. J’ajoute le site web et c’est sûr et certain, que je plonge dans le festival. Merci beaucoup et on se croise là-bas, d’accord ?
Sarah : All right, merci!
Une semaine dédiée à la création, à l’expérimentation et aux rencontres, mêlant opéra, danse, théâtre, performance et arts numériques.
- Dates : Du 21 au 26 septembre 2026.
- Lieu : Salle Paul-Buissonneau (Centre Calixa-Lavallée) à Montréal.
Les festivaliers pourront se procurer des passes de festival du 21 au 26 septembre 2026 au coût de 45 dollars, tandis que les billets pour les événements individuels varieront de 20 à 45 dollars. Pour la programmation visitez le site web de chant libre.






























































