
En tant que photographe, je regarde énormément d’images. Concerts, spectacles, événements sportifs, portraits… Mon quotidien est souvent rythmé par la recherche du bon moment, de la bonne lumière et de cette fraction de seconde qui peut faire toute la différence. Mais devant les images du World Press Photo, mon regard change. Je ne regarde plus seulement une photographie pour son cadrage ou sa technique. Je cherche surtout à comprendre l’histoire qu’elle raconte.
Pour sa 19e édition montréalaise, le World Press Photo est présenté au Marché Bonsecours, jusqu’ au 12 octobre 2026. L’exposition nous plonge au cœur de réalités parfois difficiles : conflits, crises humanitaires, changements climatiques, injustices sociales, mais aussi résilience, solidarité et espoir.
Ce qui me frappe toujours avec le photojournalisme, c’est qu’avant qu’une image se retrouve devant nous, quelqu’un était là. Un photographe a observé la scène, choisi son angle et attendu le moment de déclencher. Dans certaines situations, ces photographes travaillent dans des conditions extrêmement difficiles pour nous permettre, à nous qui sommes parfois à des milliers de kilomètres, de voir et de comprendre ce qui se passe ailleurs.
Nous sommes aujourd’hui bombardés d’images. Nous faisons défiler nos téléphones sans vraiment prendre le temps de regarder. Le World Press Photo nous oblige à faire le contraire. Certaines photographies nous arrêtent immédiatement. D’autres demandent qu’on lise leur histoire, qu’on regarde les détails ou qu’on revienne une deuxième fois devant l’image.

Certaines photos sont magnifiques. D’autres sont difficiles, troublantes et parfois même dérangeantes. Mais c’est aussi le rôle du photojournalisme. Le photographe n’est pas toujours là pour nous montrer ce que nous avons envie de voir. Parfois, il doit nous montrer ce que nous préférerions éviter de regarder.
Comme photographe, cette exposition me rappelle également la responsabilité qui vient avec un appareil photo. Une image peut provoquer une émotion, raconter un moment ou devenir un témoignage. Dans certains cas, elle peut même devenir une partie de l’Histoire.
Le World Press Photo n’est donc pas seulement une exposition pour les passionnés de photographie. C’est une invitation à ralentir et à prendre le temps de regarder le monde autrement.

Parce qu’au fond, une bonne photographie peut attirer notre regard pendant quelques secondes.
Lien pour les photos
Mais une grande photographie peut rester avec nous beaucoup plus longtemps.
Informations pratiques
World Press Photo Montréal 2026
📍 Marché Bonsecours — Salle de la Commune, Vieux-Montréal
📅 Jusqu’ au 12 octobre 2026
⏱️ Durée de visite suggérée : environ 90 minutes
Une exposition percutante qui nous rappelle qu’au-delà de la technique et du cadrage, la photographie possède encore un immense pouvoir : celui de nous faire arrêter… et de vraiment regarder.




























































