C’était formidable hier soir au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts! Dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal, Dominique Fils-Aimé nous a ouvert les portes de ses rituels, de son univers captivant et de ce lien tout particulier qu’elle entretient avec nos salles.
Autrice-compositrice-interprète montréalaise, elle s’impose aujourd’hui comme l’une des voix incontournables du jazz actuel. Son avant-dernier album, Our Roots Run Deep, avait d’ailleurs remporté en 2024 le Juno de l’Album jazz vocal de l’année, ainsi que le Félix de l’Album de jazz de l’année à l’ADISQ, confirmant l’importance de sa démarche artistique à la croisée du jazz, de la soul et du blues.
L’album numérique Live At The Festival International de Jazz de Montréal, sorti en 2025, témoignait déjà de la force de sa présence et de sa capacité unique à tisser un lien intime avec son public.

Après s’être produite ces dernières années sur des scènes aussi prestigieuses que le Blue Note New York, le Blue Note Los Angeles, le Monterey Jazz Festival, Jazz à Vienne ou encore au North Sea Jazz Festival, c’est un bonheur immense de la retrouver chez elle!
Avec son nouveau projet My World Is The Sun, elle poursuit sa quête de liberté sonore, créative et spirituelle. Elle propose sur scène un spectacle immersif qui invite à plonger dans les racines de son âme à travers les cycles d’une journée, d’une vie et d’une émotion.
Véritable invitation à se déposer, à ressentir et à vibrer ensemble, cette performance magistrale a rappelé à quel point l’artiste sait transformer la scène en un espace de communion suspendu dans le temps. Le spectacle s’est également ouvert sur un enregistrement immersif faisant entendre la voix de la mère de Dominique, identique à l’introduction de My World Is The Sun.
Une scénographie organique et épurée
Sur la scène, le visuel épousait parfaitement le concept cyclique du spectacle. La scénographie, baignée de lumières chaudes et évolutives, évoquait subtilement la course du soleil, passant des lueurs de l’aube aux profondeurs de la nuit.
Cet espace à la fois épuré et enveloppant laissait toute la place à l’humain, transformant le plateau en un sanctuaire intime où chaque ombre et chaque éclat de lumière semblaient vibrer au rythme de la musique.
Une complicité fusionnelle avec les musiciens
Pour donner vie à ce voyage, Dominique Fils-Aimé s’est entourée de musiciens d’une justesse remarquable: Harvey Bien-Aimée (batterie), David Osei Afrifa (claviers), Hichem Khalfa (trompette), Elli Miller Maboungou (percussions), Etienne Miousse (guitare) et Danny Trudeau (basse). Le groupe formait un véritable chœur instrumental en symbiose totale avec la chanteuse.
L’excellent Hichem Khalfa insuffle une texture vibrante au spectacle grâce à sa trompette, tandis que la section rythmique se révèle d’une efficacité redoutable. Le très polyvalent Harvey Bien-Aimé mène le jeu à la batterie. Les claviers et le piano de David Osei-Afrifa posent des bases harmonieuses et enveloppantes, portés par le soutien impeccable et complice de Danny Trudeau à la basse.
Un impact profond : la communion avec le public
Ce qui frappe avant tout dans ce spectacle, c’est l’immense pouvoir de rassemblement que Dominique Fils-Aimé déploie avec une apparente simplicité. Dès les premières notes, une écoute d’une qualité méditative s’est installée dans le théâtre, comme si le public, suspendu à ses lèvres, retenait son souffle à l’unisson.
L’impact de My World Is The Sun dépasse largement le cadre du simple concert : c’est une expérience immersive qui bouscule doucement et fait un bien immense. En réussissant à transformer une grande salle institutionnelle en un salon intime et chaleureux, l’artiste a offert aux spectateurs un véritable baume pour l’âme.
On est ressorti de la Place des Arts le cœur léger, habités par cette certitude d’avoir partagé un moment de grâce collective et de pure humanité!
Photo : Victor Diaz Lamich – voir les photos.
































































