Près de trente ans après avoir conquis le grand écran, Les Boys troque la glace cinématographique pour les planches du Théâtre St-Denis. Cette adaptation scénique, signée par Guillaume Corbeil et Marc St-Martin, insuffle une énergie nouvelle à l’univers imaginé par Richard Goudreau et Christian Fournier, tout en respectant profondément l’ADN de l’œuvre originale.
Une fidélité qui frappe droit au but
Dès les premières minutes, on retrouve l’essence même du récit : Stan, propriétaire de brasserie au bord du gouffre, parie son établissement lors d’une partie de hockey décisive contre son rival Méo. L’intrigue, connue et aimée, est ici portée par un rythme scénique fluide et une mise en place ingénieuse.
Les personnages apparaissent tour à tour dans des tableaux vivants parfaitement orchestrés : la brasserie animée, la chambre de Mario, le condo de Ti-Guy, la radio de Fern, le poste de police de Boisvert. Chaque entrée est précise, naturelle, et permet au public de replonger instantanément dans cet univers familier.
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Des décors dynamiques et une nostalgie assumée
Les transitions sont rapides et efficaces, transportant les spectateurs d’un lieu à l’autre sans jamais casser le rythme. Les répliques culte fusent, les gags incontournables tombent juste. Bob et son « mental toughness », Julien et ses pâtisseries douteusement préparées : tout y est.
Mention spéciale au personnage de Marcel, irrésistible même dans le silence. Sa simple présence déclenche l’hilarité. La production réussit l’équilibre délicat entre hommage et modernité, sans sombrer dans la caricature.
Une deuxième période électrisante
La seconde moitié du spectacle est entièrement consacrée au match tant attendu. Sur scène, une véritable patinoire synthétique donne lieu à une chorégraphie sportive impressionnante. L’alternance entre les scènes de vestiaire et l’action sur glace recrée avec brio la tension dramatique du film.
Moment fort de la soirée : le monologue intérieur de Fern, s’adressant à ses poteaux comme à une divinité, inspiré par son idole Patrick Roy. L’apparition virtuelle de Paul Houde ajoute une touche émotive et complice qui fait mouche.
Une adaptation ancrée en 2026
L’actualisation est subtile mais efficace. Sonia prend désormais place parmi les « Boys », et l’enfant à venir chez Mario pourrait porter un prénom bien actuel : Pk en hommage à PK Suban, ou Marie-Philip, hommage à Marie-Philip Poulin. Des références contemporaines qui déclenchent sourires et applaudissements.
Les trois étoiles de la soirée
Louis Champagne (Méo) offre une performance nuancée et savoureuse, fidèle jusque dans les moindres tics de son personnage.
Marie-Pier Labrecque impressionne par sa polyvalence, incarnant plusieurs rôles féminins et un Marcel mémorable.
Enfin, l’ensemble de la distribution mérite la troisième étoile : une troupe soudée qui transforme la nostalgie en véritable célébration collective.
Cette adaptation des Boys n’est pas qu’un simple exercice de mémoire : c’est un vibrant rappel que certaines histoires, comme le hockey au Québec, ne meurent jamais — elles changent simplement d’aréna.





























































