Pour son dix-neuvième livre, Christian Tétreault nous ramène dans le temps, en 1964, l’année de dix ans. Cette vie parfaite est le récit autobiographique d’une année marquante de sa vie, qui a forgé l’homme qu’il est devenu. Avec beaucoup de candeur et sa parole d’enfant comme narrateur, l’auteur de 72 ans revisite sa famille, ses amis, ses anecdotes, son amour pour le sport, et aborde des thèmes tels que la différence, l’amour, l’amitié, la mort, la tolérance et l’intimidation. C’est un roman à la fois lumineux et touchant, empreint d’humour et de tendresse.
Résumé : Quel âge a votre bonheur? Pour Christian Tétreault, il a 10 ans. Dans son dix-neuvième livre, l’auteur nous ramène au tout dernier chapitre de son enfance, entre septembre 1964 et août 1965. On y suit le jeune Christian au fil de ses petites et grandes aventures, entouré d’une galerie de personnages inoubliables: son grand-père Émile, paisible et rieur, qui coule des jours tranquilles; son père, réfléchi et profondément aimant; sa mère, douce et toujours en train de chanter; ainsi que sa tante Gaby, tout droit sortie d’un roman de Pagnol.
J’adore que l’auteur ait donné la parole au petit Christian Tétreault, comme narrateur. Avec sa plume extraordinaire, remplie d’humanité et qui sait faire réfléchir, Christian a en plus le don de nous transporter dans son enfance, comme si on y était et comme si on entendait ce petit bonhomme nous raconter ses anecdotes, nous décrire ses paysages d’enfance et nous faire découvrir une panoplie de personnages fort attachants, qu’il a côtoyé dans sa jeunesse.
Extrait pour donner un avant-goût des propos de cet enfant : «Ma mère est pas capable de se vanter, alors elle dit rien. Le nombre de chansons qu’il y a dans sa tête est très impossible. Elle connaît par cœur les paroles de millions de chansons…Elle se souvient de chansons de son enfance, de son adolescence et ce son adultance. Tellement que, même si elle a jamais eu les moyens de faire des voyages, elle connaît la France, dans tous les coins, à cause de toutes ses chansons qu’elle sait par cœur. Elle a chanté à propos des Champs-Élysées, de la Seine, de la Normandie, du Midi (qui est un lieu et pas une heure), de Bordeaux (pas la prison, la région), des saisons de Bretagne (elle dit que ses ancêtres viennent de là), de Pigalle, de la Corse (Tino Rossi est né là, même Napoléon),… Elle chante avec entrain, à pleins poumons. Beaucoup mieux que la Castafiore.»
Je ne me tanne pas de ses mots d’enfants, de sa vision à hauteur d’un garçon de 10 ans, qui ne comprend pas tout de la vie, mais est très curieux et ouvert à tout.
Bien sûr qu’il y a des moments un peu plus lourds pour moi, car je ne suis pas très «fan» de hockey et pour le petit Christian, le hockey c’est sa passion et plein d’autres sports aussi. C’est drôle pourtant de le voir raconter ses anecdotes de sports. Mais c’est un peu plus long pour moi toutes ses descriptions de joueurs ou de statistiques. Par contre, ses statistiques concernant le ratio de garçons et de filles nées dans son entourage, comme des «scores» de hockey c’est assez amusant.
Le livre débute par une préface fort intéressante de Patrick Lagacé qui nous donne déjà le goût de lire cette histoire. Puis, il y a une introduction de l’auteur qui nous donne sa définition du bonheur, qui ressemble étrangement à la mienne. Et il nous explique pourquoi il a écrit ce livre, et le tout est rempli d’humour et on sait déjà qu’on va aimer cette année 1964-1965 qui a marqué la vie de cet auteur.
Bien que ce récit se passe l’année de ma naissance, ce retour dans le passé m’a amené la nostalgie de mon enfance, surtout quand il se remémore les cartes de hockey avec les gommes balloune, ou encore les divers bonbons à 1 cent qu’on pouvait s’acheter, ou même lorsqu’il parle de ses lectures, « les Tintins», ou celles de ses sœurs, «les Martines».
Parmi les sujets qu’il aborde dans son récit, il y en a plusieurs qui nous font réfléchir comme l’intimidation, la différence, l’immigration. C’est touchant par moment et toujours lumineux, la manière qu’il amène ces thèmes.
Ce que je préfère le plus dans ce récit, ce sont les dialogues savoureux qu’il a avec soit son père ou encore son assistant-père (son oncle André). Ces discussions lui amènent de belles réflexions et leçons de vie.
J’ai aussi adoré l’anecdote à son camp de vacances de deux semaines, où il a décidé d’appliquer ce proverbe « À beau mentir qui vient de loin ». C’était très amusant.
Le livre se termine par un épilogue. Aujourd’hui, alors âgé de 72 ans, l’auteur revient sur ce que cette année de ses 10 ans lui a appris. Il rend un très bel hommage aux femmes de sa vie, sa mère, sa tante Gaby et Mademoiselle Leduc.
Il revient aussi sur les valeurs que son père lui a transmises et il rend également hommage à celui-ci.
Mais ce qui m’a touché le plus, c’est lorsqu’il revient sur sa vie d’adulte, là où sa carrière prenait tout son temps, malgré tout l’amour de sa France et l’arrivée de ses deux enfants. Marie et Félix. Il se remémore la mort soudaine de sa petite fille, en 1985 (voir le livre Je m’appelle Marie) et comment la mort de son enfant a été une force. Cette force « elle propulse vers le haut ou écrase dans les abîmes. J’ai fait le choix de m’en servir pour grandir. »
Christian Tétreault se définit d’abord comme un mari et un père, ce qui ne l’a pas empêché de mener plusieurs carrières de front, notamment conférencier, chroniqueur, éditorialiste de sport, concepteur et rédacteur pour la télévision, auteur.
Date de parution : 11 mars 2026
Nombre de pages : 224 pages
Prix : 29,95 $
Maison d’édition : Éditions de l’Homme : https://editionshomme.groupelivre.com/



























































