Il y a des soirées où la scène cesse d’être un simple espace de représentation pour devenir un rite de passage. Avec la première mondiale de Chanson d’amour et d’effondrement, Frédérick Gravel présente sa plus récente création ; il nous invite à un voyage intérieur, un naufrage sublime dont on ressort étrangement grandi.
L’artiste total : Entre rock et performance
Artiste multidisciplinaire, chorégraphe, danseur, musicien et éclairagiste, Frédérick Gravel redéfinit les contours de la scène contemporaine depuis plus de quinze ans.
Créateur associé à DLD dès 2010 avant d’en devenir le directeur artistique en 2018, il a marqué les esprits, ici comme à l’étranger, par ses concerts chorégraphiques empreints d’une énergie bouillonnante et d’une désinvolture ironique.
Sa signature ? Une transversalité culturelle brute qui bouscule les structures académiques pour y injecter la fougue du rock.

Une communion organique : La force du collectif
Cette nouvelle œuvre prend vie dans une étroite complicité avec un sextuor de performeurs magnétiques : Kimberley de Jong, Alexia Martel, Jean-Benoît Labrecque, Nindy Banks, Marco Curci et Jean Bùi.
Parfois couples, parfois solitudes, habillés de vêtements oscillant entre l’opulence et la fortune, ils arpentent inlassablement un salon suspendu.
Ils bougent, s’approchent, s’accrochent et tentent la séduction dans un long voyage vers la nuit, là où il n’y a plus d’heures ou de matin qui pointe à l’horizon.
Une trame sonore envoûtante
L’atmosphère est trouble, le temps étiré et lancinant. Quatre musicien.ne.s sur scène , José Major, Philippe Brault, Frédérick Gravel et Laurie Torres saturent l’espace de musiques et de chants hypnotiques.
Ce puissant mélange d’influences passées et actuelles nous envoûte dès les premières notes, créant un environnement sonore qui est le cœur battant de la performance.
Un voyage entre mélancolie et rédemption
Dans cet univers suspendu, plane cette indicible tristesse d’être au monde, ce poids invisible qui accompagne l’effort salutaire de poursuivre sa route lorsque le naufrage des sentiments est arrivé. On y entend des chansons d’amour, oui, et l’on y voit l’effondrement, très certainement ; mais au cœur de ce chaos, c’est la vie qui palpite et qui s’impose. Car chez Frédérick Gravel, la chute n’est jamais une fin en soi : la rédemption et la lumière ne sont heureusement jamais loin, transformant chaque geste de survie en un éclat d’espoir nécessaire. Une œuvre bouleversante qui nous rappelle que, même au bord du gouffre, il reste encore de la place pour la beauté.
Frédérick Gravel nous prouve une fois de plus que même au cœur du désastre, la beauté du geste et la nécessité de l’autre restent nos plus puissants remparts. Une œuvre majeure, vibrante d’humanité, à voir absolument à l’Usine C!
26, 27, 28 mars – 19h
https://usine-c.com/spectacle/chansons-damour-et-deffondrement
Photos : M Doyon



























































