Fin de saison à l’italienne façon Romulus et Rémus à la Salle Bourgie pour Les Violons du Roy qui ont eu le flair d’inviter un fascinant jeune chef, Kyrian Friedenberg, pour les diriger alors que la contralto québécoise Rose Naggar-Tremblay nous chantait des airs de Handel et d’Il Tramonto de Ottorino Respighi (1879-1936)!
Une salle archi-comble a ainsi pu entendre, après le sixième des 12 Concerti grossi de l’opus 6 de Arcangelo Corelli, des extraits opératiques de Jules César en Égypte colorés des riches timbres et couleurs de la voix de Naggar-Tremblay.
Le prétexte de l’exposition de sculptures romaines au Musée des Beaux-Arts justifiait de tout faire passer par Rome, ville Éternelle, ce dernier vendredi soir de la toute fin de saison musicale, jusqu’à estampiller comme Romain Ottorino Respighi, natif de Bologne, mais connu pour ses trois poèmes symphoniques célébrant les pins, les fontaines et les fêtes de ladite ville.
Nino Rota: un ravissant concerto
Toutes les cordes de cet ensemble inégalé (enrichi pour la plupart des plus rarissimes instruments des luthiers italiens que leur prête le généreux groupe Canimex de Drumondville) ont impérialement oeuvré dans le chef d’oeuvre de Nino Rota (1911-1979) soit son Concerto pour cordes (révisé en 1977).
On y découvre une orchestration fignolée, des mélodies entraînantes aux réponses variées entre pupitres et chacun de leurs solistes. En ses quatre mouvements, une haute conception de textures et d’énonciations musicales: tout mélomane se laissait bercer et envelopper par des enchaînements inouïs d’une fine invention du tout début à la toute fin de l’oeuvre.
Gracilité et élégance du chef
En somme une merveilleuse composition, trop rarement entendue, une découverte que les gestes gracieux de tant d’adresse de Friedenberg et surtout ses nobles mouvements agiles d’émerveillement marquant l’entrée d’un pupitre ou d’un autre. Partout, en lui, l’aura de cette quasi danse princière en ses gestuelles de chef radieux, courbes esquissées par des mains d’une gracilité envoûtante …
Les vitraux Tiffany multicolores de la salle Bourgie jouissaient donc, depuis le podium, d’un feu ardent pour faire scintiller ce jaillissement musical, une vraie lumière orchestrale venue du génie du fulgurant Nino Rota, un musicIen mieux connu pour ses thèmes ayant lustré le grand écran du phénoménal cinéma italien.
INTERPRÈTES, vendredi 5 juin 2026, Salle Bourgie.
Les Violons du Roy
Kyrian Friedenberg, chef
Rose Naggar-Tremblay, contralto
PROGRAMME
CORELLI Concerto grosso en fa majeur, op. 6 n° 6
HANDEL Giulio Cesare in Egitto, HWV 17 (extraits)
RESPIGHI Il Tramonto pour voix et cordes
ROTA Concerto pour cordes
Photo : Theresa Pewal































































