Pionnière de la direction de casting au Québec, Ginette D’Amico a profondément marqué le paysage culturel montréalais en façonnant les distributions d’œuvres télévisuelles, publicitaires et cinématographiques. Son décès hier suscite une vive émotion au sein de la communauté artistique québécoise, où elle était reconnue autant pour son œil clinique d’une grande justesse que pour sa bienveillance légendaire envers les comédiens.
À une époque où le métier n’avait pas encore la reconnaissance officielle qu’il possède aujourd’hui, Ginette D’Amico a fait partie des pionnières dans la création de l’Association des directrices de casting du Québec (ADCQ) en 1986, au même titre que Louise Boisvert, Rosina Bucci, Ginette Goulet, Lorraine Labelle, Louise Lacoste, Odette Ladouceur, Murielle Laferrière, Vera Miller, Lucie Robitaille, Nadia Rona et quelques autres visionnaires de la profession.
Elle avait ce don de déceler la présence d’un acteur
dès les premières secondes d’une audition.
En se regroupant, ces femmes ont donné à ce métier de l’ombre, ses lettres de noblesse en établissant des échelles tarifaires claires et un code d’éthique rigoureux. Le chemin parcouru grâce à leur travail acharné est immense : aujourd’hui, cette discipline essentielle est pleinement célébrée au sein de l’industrie, notamment grâce à la création de la catégorie du Prix Iris de la meilleure distribution des rôles.
Son rôle dépassait d’ailleurs largement la simple sélection sur papier : elle agissait en véritable partenaire créative auprès des réalisateurs, metteurs en scène et producteurs, cherchant constamment l’étincelle et la vérité du jeu.
Dotée d’un instinct exceptionnel, elle avait ce don rare de déceler la présence d’un acteur dès les premières secondes d’une audition, révélant au grand public plusieurs figures aujourd’hui incontournables du milieu. Elle portait une attention toute particulière aux jeunes diplômés des écoles de théâtre et à la relève, leur offrant souvent leur toute première chance professionnelle.
Sa disparition laisse un grand vide
dans le milieu du spectacle au Québec
Ce qui distinguait avant tout sa démarche au sein de l’industrie montréalaise était son approche profondément humaine. Les auditions qu’elle dirigeait étaient réputées pour être des espaces de confiance, de bienveillance et de liberté, où les artistes se sentaient écoutés et guidés plutôt que jugés.
Sa disparition laisse un grand vide dans le milieu du spectacle au Québec, mais son empreinte demeure bien vivante à travers la professionnalisation d’un métier qu’elle a contribué à bâtir, ainsi qu’à travers tous les visages et toutes les voix qu’elle a rassemblés au fil de sa remarquable carrière.



























































