Hier soir, le Festival International de Jazz de Montréal a vécu l’un de ses moments les plus suspendus et attendus de l’année. Seule chanteuse de jazz de l’histoire à avoir classé huit de ses albums au sommet du prestigieux palmarès Billboard, couronnée de deux prix Grammy® et de dix prix Juno®, Diana Krall a une fois de plus prouvé pourquoi elle demeure une figure incontournable de la scène musicale mondiale. Avec à son actif un palmarès impressionnant de neuf disques d’or, trois de platine et sept multi-platine, l’artiste canadienne a offert au public montréalais une performance qui transcende les genres.
Dépassant les frontières du jazz traditionnel pour toucher à l’universel, son immense talent a littéralement captivé la foule. Comme le soulignait si bien le New York Times récemment, la force de Krall réside dans cette « voix à la fois fraîche et sensuelle, maniée avec une grande sophistication rythmique ».
Un magnétisme brut et une élégance rare qui ont fait de ce concert d’hier une célébration mémorable du grand jazz au cœur de la métropole. Dans l’écrin majestueux de la Salle Wilfrid-Pelletier, la sublime Diana Krall a aussi rappelé à quel point son lien avec le public montréalais demeure fusionnel.
Une ouverture lumineuse avec Anaïs Cardot
Pour ouvrir cette soirée d’exception, le public a eu la chance de découvrir — ou redécouvrir — la talentueuse Anaïs Cardot. Cette jeune autrice-compositrice-interprète émergente, installée au Canada et forte de ses racines franco-gabonaises, a immédiatement séduit la salle.
Naviguant avec une aisance déconcertante entre le jazz, la soul et la bossa nova, chantant tant en français qu’en anglais, elle a enveloppé Wilfrid-Pelletier d’une douceur intimiste. Sa voix texturée, d’une grande vulnérabilité, et sa présence scénique à la fois humble et magnétique ont offert un prélude parfait, chaleureusement applaudi.

Le magnétisme des grands standards
Puis, sous les acclamations, Diana Krall a pris possession de son piano. Dès les premières notes, l’atmosphère s’est drapée de cette élégance feutrée qui n’appartient qu’à elle. Krall a revisité les grands standards du jazz avec cette science du rythme et cette voix « à la fois fraîche et sensuelle » qui font sa signature.
L’interprétation de I’ve Got You Under My Skin a frôlé la perfection, portée par un balancement hypnotique. Avec The Look of Love, le temps s’est arrêté ; chaque mot exhalait une mélancolie sensuelle qui a fait frissonner la salle.
Quant à East of the Sun (and West of the Moon), la pièce a pris des airs de voyage nocturne, magnifiée par un dialogue d’une précision chirurgicale entre son piano et ses complices, le batteur Matt Chamberlain et le contrebassiste Tony Garnier. Ensuite, elle incarnait avec aisance les contradictions du portrait de Mrs. Wonderly, une chanson touchante et intime.
.Le coup de théâtre : un second concert en rappel !
Le grand moment de la soirée est survenu après le rideau. Portée par une ovation debout monumentale qui a duré de longues minutes, Diana Krall est revenue sur scène. Là où plusieurs se contentent d’un morceau de politesse, la pianiste a balayé les conventions d’un revers de main : « Business as usual », s’est-elle exclamée avec un brin d’ironie et ce second degré qu’on lui connaît.
Entamant un All of Me d’une liberté totale, elle a littéralement offert un second concert improvisé dans le rappel. Devenant extrêmement communicative, blagueuse et visiblement ravie d’être là, elle a enchaîné les titres, transformant la grande salle Wilfrid-Pelletier en un club de jazz intime et survolté.
Une soirée grandiose, généreuse et résolument inoubliable. Diana Krall n’est pas seulement une immense musicienne ; hier soir, elle était la reine de Montréal!
Festival International de Jazz de Montréal
Lieu : Salle Wilfrid-Pelletier
Artiste : Diana Krall (Première partie : Anaïs Cardot)
Photos : Victor Diaz Lamich
































































