Et si la prochaine grande création théâtrale québécoise prenait la forme d’un poème musical? C’est l’impression laissée par «L’effet Lisa», une œuvre originale inspirée des chansons et de l’univers de Richard Desjardins, dévoilée récemment devant les médias. Entre personnages marquants, musique envoûtante et poésie engagée, le Théâtre de l’Oeil Ouvert semble avoir trouvé une façon bien à lui de faire résonner l’héritage du célèbre auteur-compositeur. En conférence de presse, nous avons eu droit à un premier aperçu particulièrement prometteur.
Au cœur de «L’effet Lisa», un feu de forêt menace Company Town. Autour de ce brasier gravitent des personnages inspirés de l’univers de Richard Desjardins : deux frères qui s’oppose, des femmes déterminées à prendre leur place et un mystérieux Homme du campe qui veille sur le territoire. Narrée par Lisa, une lune dont l’influence se révèle peu à peu, cette fable explore l’amour, la mémoire et l’urgence d’agir.
Lors de cette rencontre de presse tenue au cœur des répétitions, les artisans ont expliqué comment l’univers de Richard Desjardins a inspiré cette création originale. Jade Bruneau et Simon Fréchette-Daoust ont puisé dans ses chansons et ses entrevues pour faire émerger personnages et thèmes, avant que Philippe Robert n’en tisse un fil conducteur. Le spectacle entreprendra une tournée de plus de 75 représentations dans 27 villes du Québec, soutenue par les arrangements musicaux de Marc-André Perron et la présence exceptionnelle du violoncelliste Stéphane Tétreault avec son prestigieux Stradivarius de 1707.

L’extrait présenté donnait l’impression d’assister à un véritable «poème musical». Les personnages y apparaissent déjà bien définis, les interprètes brillent autant par leur jeu que par leurs voix, et les arrangements musicaux créent une étonnante richesse sonore. L’ensemble dégage une poésie et une sensibilité qui donnent envie d’en découvrir davantage. J’ai bien hâte à la Première en juillet.
ENTREVUES
Question à Jade Bruneau: J’ai trouvé surprenant qu’une comédie musicale soit tirée de l’univers de Richard Desjardins. Comment me convaincre d’aller voir L’effet Lisa?
Jade: Pour moi, Richard Desjardins est un des plus grands poètes du Québec. Dans ses chansons, il y a déjà une histoire entière et des personnages, comme un immense poème. Mais attention, il y a aussi des chansons, des chorégraphies et une intrigue très forte avec un triangle amoureux où deux hommes sont amoureux de Jenny, au cœur de l’histoire. En plus d’une histoire d’amour maternelle entre l’Enracinée et la femme de ménage.
Question à Jade Bruneau: Au-delà de cette histoire d’amour, quels thèmes traversent le spectacle?
Jade: À travers tout ça, on parle aussi de l’exploitation des forêts et des feux de forêt. C’est une grosse métaphore où chaque coup de foudre, chaque naissance et chaque mort devient un feu qui brûle. On ne veut surtout pas être moralisateurs, mais si les gens repartent avec le goût de planter des arbres ou de prendre soin des femmes, alors j’aurai réussi encore plus plus plus.
Question à Marc-André Perron (directeur musical): J’ai rarement entendu des arrangements aussi riches et plein d’émotions que ceux que je viens d’entendre dans l’extrait. Comment tu fais pour arriver à ça?
Marc-André: Le moteur, c’est justement l’émotion. Ça ne se passe pas dans la tête, mais dans le cœur, dans l’instinct et dans l’esprit de groupe. L’émotion est déjà présente dans cette œuvre gigantesque, et mon travail consiste à sculpter et à faire émerger ce qui est déjà là. Pour L’effet Lisa, nous avons aussi changé notre méthode de travail en créant ensemble en résidence avec Philippe Robert, Jade Bruneau et Simon Fréchette-Daoust. J’ai aussi choisi le violoncelle parce que c’est l’instrument qui se rapproche le plus de la voix humaine : il peut être lyrique, percussif ou même évoquer des éléments comme le feu. Nous avons beaucoup exploré, essayé des choses et développé les arrangements, et je suis très fier du résultat.
Question à Stéphane Tétreault (violoncelliste): Comme tu viens du milieu de la musique classique, comment t’es-tu senti en te retrouvant parmi les personnages d’un spectacle comme «L’effet Lisa»?
Stéphane: Je me sens très touché et choyé de pouvoir incarner un personnage à travers mon instrument, mais aussi de participer au jeu avec les autres artistes sur scène. C’est extrêmement inspirant. J’adore le mariage des différentes formes d’art, et pour moi, cette rencontre entre la musique, le théâtre et la poésie est une véritable raison d’être. Je me sens de plus en plus à ma place dans cet univers en m’y habituant graduellement.
Question à Geneviève Alarie (l’Enracinée): Je sais que tu es une grande admiratrice de Richard Desjardins. Comment se vit le fait de chanter ses chansons, et qui est l’Enracinée?
Geneviève: C’est un privilège inouï. Sa poésie passe par toutes les cellules de mon corps, alors avoir la chance de dire ces mots-là et de les chanter dans les magnifiques arrangements de Marc-André Perron, c’est extraordinaire. Il y a dans ce spectacle quelque chose de très poétique, presque onirique, qui laisse une grande place à l’univers de Richard. On y retrouve autant ses chansons les plus poétiques que ce qu’il appelle ses « chansons colonnes », avec de l’humour, des moments où l’on rit, mais aussi toute sa fulgurante poésie. Quant à l’Enracinée, c’est la confidente, celle qui aime tout le monde, une sorte de grande sœur pour les autres personnages.
Après ce premier aperçu, «L’effet Lisa» s’annonce comme une proposition artistique singulière, à mi-chemin entre la comédie musicale, le théâtre et la poésie. Le spectacle prend son envol le 10 juillet prochain à Joliette avant d’entreprendre une vaste tournée (voir ci-bas les villes). Une occasion pour le public de découvrir un univers où Richard Desjardins, Chopin et un Stradivarius se rencontrent d’une façon inattendue.
Équipe de création
Production: Théâtre de l’oeil ouvert
Création: Jade Bruneau, Philippe Robert, Marc-André Perron, Simon Fréchette-Daoust
Livret: Philippe Robert
Musique: Richard Desjardins, Chopin
Arrangements: Marc-André Perron
Mise en scène: Jade Bruneau
Direction musicale: Marc-André Perron
Direction vocale: Chris Barillaro
Décors: Félix Plante
Éclairages: Maude Serrurier
Costumes: Sébastien Dionne
Coiffures: Kathleen Gravel
Maquillages: Véronique St-Germain
Projections: Keven Dubois
Sonorisation: Martin Lessard
Distribution
Geneviève Alarie, Jade Bruneau, Jean-François Casabonne, Simon Fréchette-Daoust, Noémie Godin-Vigneau, Sarah Villeneuve-Desjardins, Steven Lee Potvin.
Musiciens
Marc-André Perron, Stéphane Tétrault.
Centre culturel Desjardins (20 rue St-Charles-Borromée S, Joliette)
Présenté en anglais/français du 10 juillet au 1 août 2026 à 20h.
Billets en vente (66$/29$ moins de 18 ans) au https://www.leffetlisa.ca/calendrier-billetterie
En tournée partout au Québec:
Victoriaville (6 au 23 août), Québec (15 septembre au 10 octobre), Montréal (27 au 29 janvier), Montmagny, Saguenay, Gatineau, Ste-Agathe-des-Monts, LaSalle, Granby, St-Hyacinthe, Longueuil, Valleyfield, Sherbrooke, Laval, Ste-Thérèse, St-Jean-sur-Richelieu, Drummondville, Rouyn-Noranda, St-Jérôme, Rivière-du-Loup, Baie-Comeau, Châteauguay, Amos, Val-d’Or, Trois-Rivières.
Photos: Daniel Ouimet
































































